Valérie Trierweiler et les bibliothèques | Livres Hebdo

Du côté des lecteurs ?

Claude Poissenot

Claude Poissenot est sociologue, enseignant-chercheur à l'IUT "Métiers du livre" de Nancy, membre du CREM (Centre de Recherche sur les Médiations - http://crem.univ-lorraine.fr/) à l'Université de Lor raine. Ses travaux portent notamment sur les publics des bibliothèques mais aussi sur la lecture et ses représentations. Depuis plusieurs années, il cherche à mettre les bibliothèques plus en phase avec la population desservie. Il a tissé des pistes dans La nouvelle bibliothèque (Territorial Editions). lire la suite

Il y a 4 ans 3 mois - 21 commentaires Blog

Valérie Trierweiler et les bibliothèques

A lui tout seul, Merci pour ce moment a imprimé sa marque sur la courbe des ventes de livres à la rentrée. Le baromètre de Livres-Hebdo (n°1016) titrait ainsi : « Effet Trierweiler : vif redressement des ventes en septembre ». Si ce livre ne restera sans doute pas dans l'histoire de la littérature, il restera longtemps comme l'événement éditorial de cette année 2014 tant pour les professionnels du livre que pour de nombreux lecteurs. Quelle place les bibliothèques lui ont-elles réservée ? Un article de la presse régionale soulève (im)pertinemment cette question qui ne semble pas avoir donné lieu à beaucoup d'échanges publics entre professionnels (mais voyez les commentaires de lecteurs sous l'article qui montre l'intensité du débat...).

L'offre absente de 19 bibliothèques de grandes villes

Une profonde hésitation apparaît dans les discours et les pratiques. Globalement, les bibliothécaires semblent pencher du même côté que les élites culturelles dont ils font partie : ce livre relève du voyeurisme propre à la presse « people » et ne participe en rien de l'élévation de l'esprit. C'est ainsi que là où il n'était pas demandé voire attendu par les usagers, c'est-à-dire dans les bibliothèques universitaires, il n'a effectivement pas été acheté. D'après le SUDOC, on ne trouve que deux exemplaires (Paris Dauphine et Sciences Po Paris) dans tous les établissements universitaires. Ce témoignage (qu'il faudrait bien sûr croiser) d'une compagne de Président et surtout cette trace d'une époque ne sera pas accessible aux chercheurs dans 20 ou 50 ans... étrange. Heureusement, certaines bibliothèques territoriales seront en mesure de palier ces défaillances si toutefois ce titre échappe à l'épreuve des désherbages successifs...

Sur 51 catalogues de bibliothèques de grandes villes, Merci pour ce moment apparaît dans 32. Cela signifie que plus d'un tiers (19) des ces équipements qui ont souvent un rôle structurant à l'échelle de leur département ne proposent pas cette référence à leurs lecteurs. C'est bien un refus d'acquérir ce titre car le prix Goncourt (Pas pleurer de Lydie Salvayre) a en moyenne été acquis en 4 exemplaires par ces bibliothèques. Pour le plus grand bonheur des libraires physiques ou en ligne, les citoyens n'ont eu d'autres choix que d'acheter ce livre. Cette réticence est également clairement perceptible aussi dans un autre tiers des établissements qui ont acquis un ou deux exemplaires comme pour pouvoir se justifier et dire que ce livre est bien dans leur catalogue. Le reste des établissements se partage entre ceux qui sont dans un logique de témoignage (Marseille qui offre 4 exemplaires ou Paris qui en propose 10 quand elle propose 66 exemplaire de Pas pleurer) et ceux qui prennent plus sérieusement en compte la demande des habitants qu'ils desservent : Angers (10), Plaine Commune (15) ou Lyon (19).

La demande est là

C'est que la demande est énorme ! Les 32 bibliothèques ayant acquis ce titre totalisent 130 exemplaires et seuls 2 sont disponibles au prêt (à Caen et au Mans) mais c'est sans doute très provisoire tant les réservations sont nombreuses. Les catalogues ne font pas toujours apparaître le nombre de réservations sur chaque exemplaire mais, à Toulouse par exemple, 6 exemplaires sur les 7 du réseau sont réservés plus de 10 fois ! Cela assure pour longtemps à ces exemplaires une rotation que très peu de titres (peut-être la série Titeuf) arrivent à atteindre. Disant cela, les équipements qui ont renoncé à ou revendiqué de ne pas acheter Merci pour ce moment auront la répartie simple qui consiste à considérer que la demande est telle qu'elle nécessiterait un nombre d'exemplaires qu'ils ne peuvent se permettre d'acheter. Faute de pouvoir arroser tout le jardin, laissons toutes les plantes mourir...

Et pourtant, ce boycott pose problème. La bibliothèque partage-t-elle le même monde que celui de la population ? En tenant à distance cette référence commune, elle fait comme sécession. Le service à la population est mis à l'écart et la relation de confiance avec les citoyens fragilisée. L'autonomie accordée aux usagers se révèle conditionnée à la conformité de leurs choix avec ceux des représentants de l'institution. Que la bibliothèque se batte pour promouvoir d'autres références qu'elle juge supérieure et qu'elle limite (un peu) le nombre d'exemplaires est une chose mais qu'elle dénie aux citoyens d'exercer leur aspiration au choix en est une autre.

Enfin, la mise à l'écart de ce titre est-elle cohérente avec le projet de démocratisation de la lecture qui est si banalement associé aux bibliothèques ? Depuis les travaux de Jean-Claude Passeron ou N. Robine, on sait qu'il convient de ne pas mélanger l'accès à la compétence de la lecture avec l'appropriation des références légitimes. A vouloir trop vite atteindre le second objectif, le risque est grand de manquer le premier... et de devoir ensuite lutter contre « l'illettrisme ». Que cela plaise ou non, Merci pour ce moment sera peut-être le seul livre lu par nombre de nos compatriotes, si les librairies, grandes surfaces, point presse ont contribué à la démocratisation de la lecture, les bibliothèques auront peu été associées à cet événement...

S'il est ancien, ce débat reste nécessaire.

21 commentaires déjà postés

Valentin Fournier - il y a 4 ans à 12 h 54

Je ne m'inquiète pas pour les chercheurs pour trouver ce titre dans 20 ou 50 ans. Avec la vente massive de cet automne, les bouquinistes auront pleins de Merci pour ce moment dans le futur. Il n'est pas sûr que beaucoup de gens aient envie de garder ce livre sur les rayonnages de leur bibliothèque Billy une fois la curiosité assouvie. Mais peut-être devrions nous abonner aussi les BU à Voici, Closer, Gala et j'en oublie pour les besoins des chercheurs du futur, satisfaire le voyeurisme des bibliothécaires et du public d'aujourd'hui et faire de la concurrence aux salles d'attente des médecins et des coiffeurs...

La_Bzeille - il y a 4 ans à 15 h 34

Ne nous inquiétons pas en effet pour les chercheurs de dans 50 ans. Espérons seulement qu'alors la Bibliothèque Nationale de France existera encore et qu'elle sera toujours chargée du dépôt légal : http://www.bnf.fr/fr/professionnels/depot_legal.html M. Poissenot devrait quand même éviter de laisser croire que toutes les bibliothèques doivent posséder tous les livres... et éviter par la même occasion d'ironiser sur les "élites culturelles" qui ignorent les aspirations de "la population"... Ah pardon, le coup des chercheurs, c'était du second degré ? Non ? Bref... débat moisi !

@BibPourTous - il y a 4 ans à 00 h 59

Tout à fait d'accord avec cet article ! Le bibliothécaire devrait pouvoir répondre aux besoins des usagers... surtout quand il y a une forte demande : une aubaine de lecture pour beaucoup et de nouveaux usagers potentiels pour la bibliothèque. N'est-ce pas là notre volonté ? Sinon, que vont penser les lecteurs de ce lieu censé être à leur image ? De ce lieu déjà en souffrance et qui doit son maintien aux visites de son public ? Le livre de Trierweiler n'est pas interdit par la loi alors pourquoi le boycotter ? Peut-être que des personnes qui n'ont pas les moyens financiers auraient eu envie de participer au grand débat à la sortie du livre il y a quelques mois (notamment sur les "sans dents" dont tout le monde parlait), en le lisant par eux-mêmes pour avoir leur propre avis ? Au lieu de cela, ils ne l'auront pas lu et se sentiront exclus une deuxième fois : pas assez d'argent pour l'acquérir et boycotté par la bibliothèque. Ne pas offrir ce livre au prêt c'est revenir à l'ancienne conception du métier et n'aide en rien à la désacralisation de la bibliothèque... Dommage.

JD - il y a 4 ans à 14 h 53

Tout à fait d'accord : il est scandaleux que les bibliothèques de référence ne soient pas abonnées à Voici, Gala, et quantité d'autres titres fort demandés par la population, et qui contribuent grandement à la démocratisation de la lecture. Sinon, pour consoler les masses laborieuses en mal d'accès à la culture, il convient de ne pas oublier que l'opus de Mme Trierweiler sera effectivement bientôt disponible chez tous les bouquinistes à un ou deux euros (c'est le sort habituel et logique des best-sellers).

Abeltiffauges - il y a 4 ans à 15 h 40

Dans la majeure partie des cas, outre la demande du lecteur, le bibliothécaire essaie de se demander si l'achat effectué est pérenne. Or, si on a une forte demande de ce titre, en sera-t-il e même dans deux ou trois ans une fois l'engouement retombé? Il y aura en revanche toujours de demande sur un ouvrage récompensé par un Goncourt. De même, n'oublions pas que les achats de livres sont effectués avec l'argent public... Et je pense que bien au-delà de satisfaire une demande immédiate créée par un engouement médiatique, le bibliothécaire préfèrera sûrement un ouvrage politique de fond, plus à-même d'élever un peu le débat...

nordkinn74 - il y a 4 ans à 11 h 24

Nous avons acheté 5 exemplaires à la bibliothèque. Je confirme un grand nombre de réservations. Nous donnons essentiellement accès, en tant que bibliothécaires, aux biens produits par les industries culturelles (voyez à quelle direction nous sommes rattachés au ministère de la culture). Pas seulement ! et c'est tant mieux. Si nous avons permis à quelques lecteurs de lire gratuitement un bouquin dont tout le monde parle, nous avons rempli l'un de nos objectifs. Si en plus le livre est mauvais, alors nous avons sans doute limité, grâce au partage de l'accès, des achats individuels... Nous sommes des acteurs économiques des industries culturelles, ne l'oublions pas, notre mission sociale peut aussi se décliner de cette façon-là : donner accès à ceux qui n'ont pas assez d'argent pour acheter (ou qui préfèrent acheter des livres dont ils savent qu'ils resteront sur leurs étagères de bibliothèque). Notre désherbage ne sera que plus facile dans quelques mois...

Veronique Laroche - il y a 4 ans à 09 h 01

Bonjour, il me semble que comme pour n'importe quel document acheté la première question : cet ouvrage correspond-il ou non à la politique d'acquisition ? Ensuite, l'ouvrage s'intègre t'il ou pas dans le fonds ? Et sans doute pour finir, l'aspect budget, si je dois l'acheter en x exemplaires pour contenter la demande en ai-je les moyens ? Donc si des collègues ont simplement dit non je ne l'achèterai pas, cela manque d'arguments, mais presque autant que de l'acheter simplement parce qu'il est en tête des ventes. Comme pour beaucoup de questions, il suffit sans doute de penser aux fondamentaux qui nous évitent d'être entraînés dans des débats loin du sujet initial. Bien cordialement à tous.

claude Poissenot - il y a 4 ans à 09 h 38

Bonjour, Certes mais peut-on questionner la politique d'acquisition ? L'objet de ce texte est justement de poser la question de façon à ne pas réifier la "politique d'acquisition". Au nom de quels arguments (celui du budget n'est pas recevable pour les bibliothèques des grandes villes que j'ai testées) peut-on refuser ou autoriser l'acquisition de ce titre ?

Veronique Laroche - il y a 4 ans à 10 h 48

J'ai donné le raisonnement que j'ai eu quand je me suis posé la question je l'achète ou pas ? Tout simplement car dans un premier temps je répondais non à cette question et pour de mauvaises raisons... La réponse est celle de responsable de bibliothèque d'une commune de 3500 habitants, donc avec ses spécificités. Je dirais qu'il n'y a pas d'arguments pour refuser ou autoriser cette acquisition, je parle du point de vue des termes refuser ou autoriser... C'est bien justement parce que je ne voulais pas refuser cet achat que je me suis questionnée. Je voulais raisonner sur je l'achète ou pas et pour quelles raisons ? Quand à la réification de la politique d'acquisition, (je ne connaissais pas le mot, merci mon vocabulaire s'enrichit et c'est toujours bon) vous avez raison, il faut s'en prémunir. Et c'est bien pour ça que je me pose régulièrement des questions sur mon métier et que j'évolue dans ses pratiques et qu'il m'arrive d'en bousculer certaines. Je suis contente d'avoir cet échange avec vous.

Denis - il y a 4 ans à 09 h 14

Merci, Livres-Hebdo, pour cet article en phase avec son époque, cherchant à comprendre pourquoi les BU ne se prostituent pas avec des "livres" dont la seule valeur reste l'applaudimètre. Il faut en effet pousser la logique jusqu'au bout, et s'interroger sur le fait de savoir pourquoi les BU ne ressemblent encore pas à de salles d'attente de salon de coiffure.

Anne-Françoise - il y a 4 ans à 14 h 27

Je tiens à vous signaler qu'à Chauvigny dans la Vienne, un salon de coiffure a participé à la Biennale de la lecture en exposant et prêtant des livres à ses clients pendant quelques semaines, et aussi en accueillant pour l'occasion des lectures. Et aussi que chez ma coiffeuse il n'y a ni Gala ni Closer parce qu'on n'attend jamais... et enfin que la prostitution n'est pas nécessairement une activité moralement répréhensible. Donc attention aux idées reçues qui ne font rien avancer... .

roger - il y a 4 ans à 09 h 55

Et pourquoi pas Zemmour ? Nous ne sommes pas dans la démocratisation mais dans le populisme le plus grossier : celui qui marche... Et quand nous n'aurons plus que ce genre de livres à lire, nous serons bien avancés : mais avancés oů ?

SRN - il y a 4 ans à 10 h 06

> Les catalogues ne font pas toujours apparaître le nombre de réservations sur chaque exemplaire mais, à Toulouse par exemple, 6 exemplaires sur les 7 du réseau sont réservés plus de 10 fois ! Cela assure pour longtemps à ces exemplaires une rotation que très peu de titres (peut-être la série Titeuf) arrivent à atteindre. On saute un peu vite à la conclusion : le document a beaucoup de résa, DONC il va sortir beaucoup DONC il va avoir un bon taux de rotation. D'abord, il n'est pas impossible que ces réservations finissent par sauter. Supposons que chaque lecteur garde le livre 3 semaines, et qu'il s'écoule une semaine entre son retour et son emprunt par le "réservant" suivant, ça signifie que le n°10 dans la liste de réservation va attendre quelque chose comme 10 mois ! La pratique démontre qu'en réalité, les réservations au-delà de la 4e sont souvent supprimées, soit automatiquement par la bibliothèque car trop de temps s'est écoulé, soit par le lecteur qui souhaite réserver autre chose et n'a pas toujours droit à un nombre illimité de réservations. Ensuite, ce qui intéresse le professionnel, ce n'est pas le taux de rotation d'un document, mais un ensemble de facteur qui concerne l'ensemble de sa collection. Si chaque exemplaire de Merci... a un taux de rotation de 7 ou 8 mais que le reste du fonds ou simplement de la collection Politique (ou Témoignage ou que sais-je) a un taux de rotation de 1,8, on ne peut pas juste se réjouir de la rotation d'un seul titre (mais ça ne veut pas dire non plus que c'est la faute de ce seul titre). Par ailleurs, on ne peut se satisfaire du seul taux de rotation comme indicateur. Au hasard, mettons que la collection de politique tape à 4 ou 5 en rotation mais que par ailleurs, le taux de fonds actif est très bas, cela signifie que la demande est concentrée sur un petit nombre de titres (dont Merci... peut faire partie) et non sur la majorité de la collection ; c'est donc qu'il y a bien une action à mener sur ce fonds et qu'on ne peut pas simplement se satisfaire d'un bon taux de rotation. Notez bien que mon propos ne porte pas sur la validation ou non de l'acquisition de Merci... par les collègues ; je ne connaît pas leur politique d'acquisition, voire leur politique documentaire, voire (soyons fou), la politique culturelle de leur tutelle. Mon propos porte sur l'utilisation du seul argument : "il va y avoir un bon taux de rotation" pour justifier un achat". C'est un argument insuffisant. Enfin, au-delà des avantages et des défauts spécifiques à l'indicateur "Taux de rotation", l'argument est faible car il peut faire tomber dans le travers consistant à travailler de façon à avoir de bons chiffres sur les indicateurs et non à remplir la mission dont les indicateurs sont supposés mesurer l'accomplissement. Les indicateurs sont indispensables, mais ne confondons pas le moyen et la fin : la fin n'est pas d'avoir un bon taux de rotation, la fin est définie par la poldoc.

SRN - il y a 4 ans à 10 h 07

Ah, le système des commentaires a fait sauter la mise en page du mien. Peu lisible, du coup. Tant pis !

Romain Gaillard - il y a 4 ans à 10 h 27

bonjour, je suis plutôt d'accord avec le fond de votre article. De la même façon que l'on achète de la littérature de pur divertissement sans grande pérennité en plusieurs exemplaires (Lévy, bitlit...) et des documents à problèmes (Deutsch, Zemmour, Shepard) mais figurant parmi les meilleurs ventes il aurait été logique d'avoir dans certains réseaux ce livre en un nombre d'exemplaires bien supérieures. C'est une question de cohérence dans la politique documentaire et c'est aussi notre mission. Toutefois, je suis irrité par le terme de "boycott" que vous employez. Sauf erreur de ma part, je n'ai pas vu d'appel de l'ABF, de l'ADBGV ou de l'ADBU à ne pas acquérir ce livre ? Un boycott implique une action organisée. Il s'agit plutôt selon moi d'une erreur de perspective dans les acquisitions. Il y a suffisamment de problématiques impactant les bibliothèques aujourd'hui sans que nous ayons besoin que l'on nous fasse ce procès là.

claude Poissenot - il y a 4 ans à 12 h 24

Vous avez raison qu'il n'y a pas d'intention de boycott et c'est important de le souligner. Il reste que, du point de vue de la population (pas seulement à Angoulême), la fréquence de l'absence d'acquisitions ou d'acquisitions de témoignages peut fournir ce sentiment. Et c'est dommage car l'image des bibliothèques changent...

Radjai ahmed - il y a 4 ans à 14 h 39

En plus des libraires, les bibliothécaires sont Des acteurs indispensables pour la diffusion de l'information, Voire de la lecture publique. Les acquisitions sont faites, en principe, D'une manière très objective et dans le cadre d'une Politique d'acquisitions, voire politique documentaire ( budget, espaces publics, sociologie Des publics résidant dans la localité). Avoir ce genre de livres en bibliothèque dépend de la Relation interactive entre le public et les bibliothécaires. En général, les bibliothécaires répondent positivement aux Demandes du public ou prennent l'initiative de proposer Certaines titres avant qu'ils soient sollicites par Le public << les bibliothécaires n'ont aucun pouvoir de censure>>

Chloé Radiguet - il y a 4 ans à 22 h 48

Le texte de ce livre est disponible gratuitement, depuis déjà quelques semaines, sur Internet — en cherchant un peu. Il le sera sans doute encore dans 20 ou 50 ans pour les chercheurs… si besoin est.

Henri - il y a 4 ans à 10 h 08

Il y a plus de 30 ans, néophyte dans le métier, j’ai postulé dans une mairie communiste. J’ai été reçu par 8 ou 10 hommes (pas une femme) serrés derrière une table, certains assis d’une fesse sur la table, et les questions ont fusé dans une anarchie assez perturbante. Et si on vous demande d’acheter régulièrement Arlequin, qu’est-ce que vous faites ? Question piège. Dilemme : un désir de prolétaire de lire c’est sérieux, c’est à respecter, c’est une chance à saisir pour développer la lecture… d’un autre côté, il y a peut-être mieux à lire… moins formaté, oui, oui, mais, de quel droit jouer l’intello qui sait ce qui est bien. Eh bien pour le livre de Trierweiler même débat. Mais il faut trancher et dire que ce livre qui est une vengeance sordide, qui fait appel au voyeurisme le plus vulgaire, (avoir des détails juteux) qui veut rabaisser une personne (fût-elle le président de la république) qui, au sens freudien du terme, dénote une perversité mais oui, ça existe, n’a rien à faire dans une bibliothèque ni universitaire, ni publique. Bravo à ceux et celles, peu nombreux, qui ont résisté, qui s’indignent. Il y a encore des gens qui savent ce que "éthique" veut dire.

Thierry Noroit - il y a 4 ans à 12 h 07

"Disant cela, les équipements qui ont renoncé à ou revendiqué de ne pas acheter Merci pour ce moment auront la répartie simple qui consiste à considérer que la demande..." La phrase signifie exactement : qui ont renoncé à ne pas acheter ou qui ont revendiqué de ne pas acheter. D'autre part, des "équipements" qui "disent" ou qui "auront la répartie"... Bien anthropomorphique, non ? Comment s'entendre, comment débattre, quand le langage n'est pas précis ?

THIERRY - il y a 4 ans à 07 h 43

L'outrecuidance des censeurs qui avec l'argent des autres,à savoir nos impôts, achètent des livres est sans limite ! Ce livre que je sache n'est ni raciste ni fasciste, temoignage d'une femme bafouée, pas si mal écrit, je ne vois pas pourquoi il suscite tant de passions mais également tant d'intéret !

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