Alain Mabanckou écrit à François Hollande | Livres Hebdo

Par Pierre Georges, le 10.05.2016 à 17h19 (mis à jour le 10.05.2016 à 18h00) - 4 commentaires Congo

Alain Mabanckou écrit à François Hollande

Alain Mabanckou - Photo ANNE-LAURE WALTER

L'écrivain franco-congolais signe une lettre ouverte, publié sur le site de L'Obs, adressée au président de la République au sujet de la présidentielle au Congo. 

Dans une lettre ouverte publiée mardi 10 mai sur le site de L'Obs, l'auteur du Verre cassé (Points, Seuil) interpelle François Hollande sur son silence au sujet de l'élection présidentielle "truquée" qui a porté Denis Sassou-Nguesso au pouvoir au Congo en mars dernier.

"Le nom de mon pays d’origine est désormais inscrit en rouge sur le tableau noir du déshonneur des républiques bananières, à côté de la Corée du Nord", écrit l'écrivain franco-congolais. "Pendant ce temps, Sassou-Nguesso et ses hommes de mains multiplient les arrestations arbitraires, allant jusqu’à cerner le domicile de l’opposant Jean-Marie Mokoko sans lui donner la possibilité de se ravitailler."

Il continue : "Faut-il rappeler, Monsieur le Président, que ces tyrans africains ont le plus souvent survécu grâce à la protection de la France, illustrant au passage combien ils ne peuvent vivre et prospérer sans l’assentiment de l’ancienne puissance coloniale ?"

Dans un entretien au magazine Le Point paru le 25 mars, Alain Mabanckou dénonçait une élection "frappée de petite vérole". "Je connais ce pays, soulignait l'écrivain. Il est impossible, dans l'état présent des divisions claniques et ethniques, qu'un des huit candidats puisse l'emporter dès le premier tour !" D'après les résultats officiels, Denis Sassou-Nguesso, qui cumule 32 ans de pouvoir au Congo-Brazzaville, a été réélu au premier tour avec 60,39% des suffrages. 

"Cette élection est par conséquent louche, frappée de petite vérole dans la mesure où le peuple a eu l'impression que dans cette nuit (...) des ombres maléfiques besognaient, remuaient les choses pour nous imposer, à l'aube, un résultat qui ne correspond pas du tout au climat général et actuel du pays : un désir de changement politique", estime-t-il.

"Que ce soit au sujet du Congo ou d'autres pays africains, la France, ces dernières années, a fait preuve d'une grande méconnaissance politique du continent noir", assène l'écrivain.

Alain Mabanckou, qui occupe jusqu'en 2017, la chaire de création artistique du Collège de France, vient également, le 3 mai, d'être honoré du titre d'Officier de l'ordre des Arts et des Lettres par la ministre de la Culture et de la Communication, Audrey Azoulay.

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