Amazon: mobilisation internationale des salariés | Livres Hebdo

Par Vincy Thomas, avec AFP, le 16.07.2019 à 09h30 (mis à jour le 16.07.2019 à 10h00) Social

Amazon: mobilisation internationale des salariés

Le siège européen d'Amazon, au Luxembourg. - Photo JURGA R. -IISTOCK PHOTO

Les grèves et débrayages - aux Etats-Unis, en Allemagne, en France, en Pologne et au Royaume-Uni - auront peu d'impact sur les livraisons. 

Des milliers de salariés d'Amazon ont organisé lundi 16 juillet un mouvement de contestation coordonnée en Europe et aux Etats-Unis pour réclamer une amélioration de leurs conditions de travail à l'occasion des journées de super-promotions "Prime Day" qui ont lieu cette semaine. 

En France, la mobilisation n'a concerné que le site de Lauwin-Planque, dans le nord, avec une faible mobilisation des 2500 salariés, selon la direction. Il y a deux semaines, la plateforme de e-commerce a annoncé vouloir créer 1800 emplois supplémentaires en France, portant ainsi ses effectifs à 9300 personnes. Ces postes seront créés dans l'ensemble des sites d'Amazon en France, et notamment sur le nouveau site de distribution de Brétigny-sur-Orge qui ouvrira cet été.

Aux Etats-Unis, les salariés d'un entrepôt d'Amazon dans le Minnesota ont débrayé, bloquant brièvement quelques camions et agitant des banderoles proclamant "Nous sommes des humains, pas des robots." Car, outre-Atlantique, la vraie crainte est l'automatisation des jobs. Amazon, dans le cadre de son plan Upskilling 2025, a déclaré que 100000 de ses postes allaient être automatisés par des robots, soit un tiers de sa masse salariale aux Etats-Unis. Le groupe propose un plan de formation en vue de reconversions.

En Allemagne, la grève contre "les promos sur le dos des salaires" a mobilisé "plus de 2000" salariés sur sept sites, a dit à l'AFP Orhan Akman, du syndicat Verdi, le premier syndicat allemand du secteur tertiaire. "Amazon offre ces rabais aux clients aux dépens des salaires de ses propres employés et en fuyant les négociations collectives", déplore-t-il.

Outre-Rhin, Amazon ne prévoit cependant aucune perturbation dans ses livraisons de commandes. Le groupe affirme que les salaires "sont au plus haut de ce qui est payé pour des emplois comparables" et que ses 8000 employés y travaillent depuis plus de 5 ans.

Des rassemblements d'employés étaient aussi prévus à Madrid et aux portes de plusieurs sites au Royaume-Uni. "Nous avons reçu des informations horrifiantes sur des employés obligés d'uriner dans des bouteilles en plastique faute de pouvoir aller aux toilettes ou sur des femmes enceintes forcées de rester debout et certaines visées par des licenciements", a écrit dans un communiqué le syndicat britannique GMB.  

En Pologne, où le conflit social s'est également particulièrement enlisé ces derniers mois, Amazon a annoncé lundi la création d'un nouvel entrepôt logistique, tout proche des frontières allemande et tchèque, à Okmiany, à une date non précisée, soit 1000 postes supplémentaires. Amazon a aussi annoncé une augmentation du salaire horaire brut pour les nouvelles recrues de 20 zlotys, soit de 4,68 euros.

Depuis 2013, les syndicats européens d'Amazon, qui ont peiné à se faire reconnaître par la direction, se mobilisent régulièrement, de préférence à l'occasion des journées cruciales en termes de ventes comme les Prime Days et le Black Friday. 

En 2018, la colère s'est renforcée : une cinquantaine de grèves ont été organisées par différents syndicats en Europe. En avril, les représentants syndicaux d'Amazon en provenance de 15 pays s'étaient retrouvés pour la première fois à Berlin pour coordonner leur lutte face au géant américain, décrié sur le plan social à travers le monde. 

Outre les cadences jugées trop rapides, la surveillance des employés à travers des méthodes contestées de "tracking" (contrôle du temps de travail et des performances) ou la suppression des pauses, les employés d'Amazon Logistics déplorent leurs salaires trop faibles et réclament des conventions collectives ou un dialogue social plus apaisé.
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