À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, le ministère de la Culture a publié la 14e édition de l’Observatoire de l’égalité entre les femmes et les hommes dans la culture et la communication. Si des progrès sont constatés, notamment dans le monde du livre, des inégalités persistent, en particulier dans les postes de direction et les écarts de revenus.
Poids des femmes dans l’emploi du secteur du livre
L’étude se base sur des données récoltées entre 2023 et 2026 sur la part des femmes dans différents secteurs culturels et observe, qu’en 2023, 54 % des personnes en emploi dans le secteur « livre/presse » sont des femmes, dont 65 % dans le domaine du livre. Cette même année, 42 % des artistes-auteurs sont des femmes, tous secteurs confondus. Néanmoins, ces quasi-égalités sont à nuancer car les revenus médians des hommes peuvent être deux à trois fois supérieurs à ceux des femmes selon les domaines, exception faite des traductrices, entre autres.
La répartition des aides à la création du CNL en progression
Le rapport analyse également la part des femmes parmi les bénéficiaires des aides attribuées par le Centre national du livre. La part des femmes parmi les bénéficiaires des aides du CNL (tous domaines confondus) atteint 59 % en 2024, après plusieurs années autour de 46 % entre 2018 et 2021. Cela indique une progression notable de la part des autrices soutenues ces dernières années.
Les aides attribuées aux autrices et aux traductrices en 2025, réparties en domaines éditoriaux, sont les suivantes :
- Littérature jeunesse : 75 %
- Roman : 58 %
- Poésie : 49 %
- Théâtre : 47 %
- Histoire et sciences humaines et sociales : 45 %
- Bande dessinée : 42 %.
On remarque une forte majorité des femmes en littérature jeunesse, ainsi qu'une légère majorité pour les romans. Malgré cela, les montants moyens restent inférieurs ou égaux pour les femmes dans tous les domaines éditoriaux : avec un montant moyen alloué aux femmes de 4 839 euros et de 6 254 euros pour les hommes.
Une légère majorité pour les bourses du CNL
De manière générale, concernant les différentes bourses allouées par le CNL en 2025, 59 % des demandes proviennent de femmes. Elles représentent également 59 % des aides attribuées et perçoivent 53 % du montant global alloué.
Concernant les bourses d’écriture en 2025, 55 % de demandes ont été déposées par des femmes, dont 53 % attribuées à des femmes. Néanmoins, le montant des aides moyen et de 8 823 euros pour les femmes et 9 750 euros pour les hommes. L’écart moyen est donc de 10 %.
Les bourses de résidence ont suscité 60 % de demandes émanant de femmes, 62 % des aides ont été attribuées à des autrices. Le montant moyen reste toutefois plus élevé pour les hommes : 4 421 euros contre 3 742 euros pour les femmes, soit un écart d’environ 15 %.
Les résidences en milieu scolaire se distinguent par une présence féminine plus marquée : 67 % ont été déposées par des femmes, qui représentent la même proportion des 315 aides attribuées. Le dispositif, doté d’un budget total de 630 000 euros, prévoit un montant moyen identique de 2 000 euros pour les autrices comme pour les auteurs, sans écart de rémunération.
Une présence constante des femmes dans les commissions du CNL
Les commissions du CNL qui regroupent des professionnels du livre (auteurs, éditeurs, universitaires, critiques), décident de l’attribution de nombreuses aides publiques au secteur. En 2025, les femmes représentent : 48 % des présidences des commissions, 55 % des membres et 55 % de l’ensemble des commissions. Ce dernier chiffre est plutôt stable depuis 2021.
Toujours en 2025, la répartition homme-femme est variable en fonction des secteurs. Parmi les chiffres notables, seulement 25 % de femmes font partie de la commission d’Extraduction sciences, sciences humaines et sociales, 37 % de la commission des Arts. Au contraire, 79 % font partie de la commission Littérature jeunesse, 77 % de la commission Partir en livre et 70 % de la commission Vie littéraire.
Une sous-représentation importante des femmes dans les postes de direction
C'est dans les postes de direction qu'un écart important se fait sentir. Dans les 100 plus grandes entreprises culturelles françaises, dans le secteur livre et presse, 14 % des postes de direction sont occupés par des femmes en 2026. Dans le secteur du livre seul, la part atteint 20 %.
Une présence en progression dans les prix littéraires
Pour les jurys de prix majeurs (Goncourt, Renaudot, Femina, Médicis, Interallié, Décembre) : 47 % de femmes font partie des jurys en 2025, 33 % si l’on exclut le prix Femina, dont le jury est exclusivement féminin.
On observe une nette progression ces dernières années concernant la présence d’autrices dans les sélections et récompenses littéraires. Sur neuf grands prix littéraires, entre 2012 et 2019, 37 % des personnes sélectionnées étaient des femmes et 39 % des lauréates. Entre 2020 et 2025, 47 % des personnes sélectionnées étaient des femmes et 43 % des lauréates.
Néanmoins si on prend l’historique des lauréats de grands prix littéraires du début du XXe siècle à 2025, on trouve 27 % seulement de femmes sur l’ensemble de la période. Mais pour 2020-2025, leur part atteint 54 %, signe d’un rééquilibrage récent.
