Il reste quelques jours, jusqu’au 7 mars, minuit, pour déposer des commentaires sur le site d’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN) à propos de l’attribution de prochaines extensions Internet reprenant des noms génériques, à côté des habituels « .com », « .org, « .net », « .fr », etc. En jeu pour le monde du livre, l’attribution du terme « .book », convoité par Amazon, mais aussi Bowker et sept autres candidats. Le processus a été ouvert l’an dernier (voir LH 916 du 29.6.2012). Il n’a intéressé personne pour des extensions en français dans le monde du livre. Car la procédure est coûteuse : 121 000 euros par dossier.
L’appétit d’Amazon soulève des inquiétudes dans les pays anglophones en particulier, mais pas uniquement. Jean-Luc Treutenaere, président du Syndicat des distributeurs de loisirs culturels (SDLC), juge que le cybermarchand américain bénéficierait d’un nouvel avantage inéquitable par rapport à ses concurrents, et tente d’alerter le monde du livre et les pouvoirs publics à ce sujet. Pour le mot « .author » (« auteur » en anglais), Amazon est ainsi seul en lice, ce qui lui laisse toutes les chances de l’emporter. Dans son programme d’autoédition numérique, ce serait un atout indéniable. Le groupe inquiète aussi d’autres secteurs, dans la musique, l’audiovisuel, le cinéma, etc. - il a déposé au total 70 demandes, dont quelques-unes en chinois et en japonais, les seules autres langues à part l’anglais auxquelles il s’est intéressé. L’ICANN a pour sa part déclaré que les nouvelles extensions entreront en service à partir de juin prochain. H. H.