Livres Hebdo : Axiell France accompagne les bibliothèques françaises depuis plusieurs années avec le logiciel V-Smart et déploie désormais Quria, présenté comme un SIGB de nouvelle génération. Pour quelles raisons ?
Marie Maerten, bibliothécaire et consultante : Quria a été conçu nativement pour le web. C’est une plateforme de services qui centralise l’ensemble des fonctionnalités métier des bibliothèques et peut s’interfacer avec d’autres outils grâce à des API. Le service est plus fluide, car 100 % web : les mises à jour et corrections sont immédiatement accessibles à tous. Son design épuré et intuitif, inspiré des standards scandinaves, en fait un outil facile à prendre en main, si bien que la formation des agents et des usagers est rapide et efficace. Surtout, Quria répond pleinement aux enjeux de la transition bibliographique.
En quoi Quria facilite-t-il cette transition ?
Jean-François Piat, directeur commercial : Les bibliothécaires devront prochainement cataloguer selon une logique fondée sur le modèle IFLA-LRM – œuvres, expressions, manifestations, exemplaires – et non plus sur le format UNIMARC, ce qui transforme en profondeur les outils. Quria a été développé directement sur ce modèle, qui est par ailleurs particulièrement compatible avec les usages de l’IA car il repose sur des données liées.
Vous expérimentez justement en Suède, à la bibliothèque de Nacka, un outil reposant sur l’IA. Comment fonctionne-t-il ?
M.M. : Les données du catalogue sont structurées selon le modèle IFLA-LRM, ce qui a permis de créer un agent conversationnel qui exploite ces données et avec lequel les usagers peuvent dialoguer. À Nacka, on observe que les seniors privilégient l’oral tandis que les jeunes utilisent davantage l’écrit. Dans les deux cas, la recherche de titres est simplifiée et la découvrabilité du catalogue renforcée.
J.-F. P. : Nous maîtrisons toute la chaîne puisque nous produisons des données interprétables et les exploitons via une IA personnalisée pour chaque établissement. Notre IA s’appuie uniquement sur le catalogue local, garantissant ainsi souveraineté, fiabilité et pertinence.
Y a-t-il eu des réticences de la part des bibliothécaires face à l'adoption de cet outil ?
M.M. : Non, ils le perçoivent comme un allié complémentaire à leur expertise. Rien ne remplace le contact humain, mais dans des contextes d’ouverture étendue ou nocturne, et donc sans personnel, l’IA apporte un service de conseil qui n'existait pas jusque-là.
Une expérimentation en France est-elle prévue ?
J.-F. P. : Oui, les démarches sont engagées pour un premier site pilote.
Que dire aux bibliothèques hésitant à franchir le cap de l’IA ?
J.-F. P. : Qu'il n’y aura pas de retour en arrière avec l'IA ! La vraie question est : comment l’utiliser, pour quels services, et avec quel niveau de sécurité ?