Cette année, Larousse a dégainé dès le 11 mai son communiqué de presse annonçant la publication du millésime 2017 de son Petit Larousse illustré, avec la traditionnelle liste de mots nouveaux, assortie de la célébration du bicentenaire de la naissance du fondateur de la maison. "Il est important d’arriver le premier, on ne peut pas se permettre de ne pas avoir la primeur en communication", explique Carine Girac-Marinier, directrice du département dictionnaires et encyclopédies de Larousse, filiale d’Hachette Livre. Parrainé par Jean d’Ormesson, le volume (2 048 pages, 29,90 euros) sera à l’office du 26 mai, avec une version Internet inclue, nouveauté introduite l’an dernier. Cette liste de quelques centaines de mots ou sens nouveaux est toujours reprise par les médias, qui en font un baromètre de l’évolution de la langue.
Challenger immédiat du leader, Le Robert a suivi dès le lendemain, avec sa communication sur les nouveautés de l’édition 2017 du Petit Robert de la langue française, qui porte l’image de la maison appartenant à Editis, explique Charles Bimbenet, son directeur. Mais le concurrent direct de Larousse est Le Robert illustré (2 144 pages, 30,50 euros), paru une semaine avant, le 19 mai, également avec un accès numérique, activable sous deux formes : la clé USB habituelle ou une simple carte avec un code, qui permet de vendre cette version à un euro de moins.
Dans ce marché en repli constant, la concurrence sur les prix, rude, peut faire la différence au-delà de la notoriété que chaque marque revendique. Selon les données du Syndicat national de l’édition, les ventes des dictionnaires de français sont tombées à 24,4 millions d’euros en 2014, soit dix millions de moins qu’en 2010. Hachette publie également un titre sous son nom, le Dictionnaire Hachette, très présent dans la grande distribution, de même qu’Auzou, le dernier arrivé qui se maintient avec la vente directe aux collectivités. Les deux sont à paraître début juin, à dix euros de moins.
Pour séduire les familles de collégiens, principale cible sur ce marché, les éditeurs ont déployé aussi une multitude de versions scolaires, poche, ou junior. Moins chères, elles permettent de tenir les ventes, au moins en nombre d’exemplaires. Hervé Hugueny