Bologne : un 50e anniversaire très pro

à la Foire de Bologne © Bologna Children's Book Fair

Bologne : un 50e anniversaire très pro

A la 50e Foire du livre de jeunesse de Bologne, qui s'est déroulée du 25 au 28 mars, le papier et l'illustration ont fait de la résistance, même si le numérique est désormais intégré à la stratégie des éditeurs.

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Par Claude Combet,
avec cc,
Créé le 28.03.2013 à 00h00,
Mis à jour le 28.03.2013 à 00h00

Rendez-vous incontournable de tous les éditeurs pour la jeunesse du monde entier, la Foire internationale de Bologne a tenu sa cinquantième édition dans une ambiance calme et très professionnelle, où les décisionnaires sont présents et mènent leurs affaires.

Organisés en avant-première le dimanche 24 mars, les TOC (Tools of change) ont donné le ton (voir notre actualité) : si le numérique est désormais intégré à la stratégie des éditeurs pour la jeunesse - on pouvait voir sur les stands des applications et même un livre en 3 D à lire sur l'Ipad ou l'iPhone - , devant la lenteur du démarrage des ventes numériques, les éditeurs se recentrent sur le papier, en particulier sur le renouveau du documentaire, des offres pour les 7-12 ans, et les livres d'activité dont les résultats sont particulièrement encourageants.

La Foire a aussi fêté en fanfare son jubilé avec, le 26 mars, une soirée au théâtre communal, en faisant monter sur scène les protagonistes des premières années, dont Carla Poesio, qui en est toujours la directrice artitisque, Francesca Ferrari, Elena Pasoli qui l'ont dirigée, Roberta Chinni, l'actuelle responsable, et Daniel Pennac, qui a commenté sa nomination de Docteur Honoris Causa de l'université de Bologne, qui avait eu lieu dans l'après-midi (voir notre actualité).Au cours de la soirée, ont été décerné les BolognaRagazzi 2013 ainsi que les premiers BOP, les prix du meilleur éditeur de l'année pour chacun des six continents.?Ont été ainsi distingués : la maison rwandaise Bakame Editions pour l'Afrique ; l'Indienne Tara Books pour l'Asie ; la Brésilienne Cosc Naify pour l'Amérique centrale et Amérique du sud ; la Portugaise Planeta Tangerina pour l'Europe ; l'Américaine Chronicle Books pour l'Amérique du Nord ; et la néo-zélandaise Gecko Press pour l'Océanie.

Les illustrateurs n'ont jamais été aussi nombreux et le mur blanc où chacun laisse ses coordonnées, deux fois plus grand cette année, n'a jamais été aussi rempli. C'est parfois à Bologne qu'ils peuvent trouver un éditeur à l'image de l'Italien Marco Somà, dont le premier livre a d'abord été publié par un éditeur espagnol, le second par une maison portugaise, et le troisième en France chez Rue du monde (avril).La qualité de l'exposition des Illustrateurs ainsi que celle consacrée à l'illustration suédoise, pays invité, ont été particulièrement remarquées.

Du côté de la fiction, « après l'invention des «young adults », la mode est désormais aux «new adults», soit les 18-30 ans » constate Chloë Moncomble, directrice littéraire de la fiction chez Milan. C'est ce qu'exportent en tout cas les Américains qui avaient, semble-t-il, un peu de mal à convaincre les Européens. Pour la littérature Jeunesse plus traditionnelle, le paranormal et la dystopie cèdent le pas à des considérations plus réalistes, parfois assez déprimantes (l'inceste, le viol, le cancer), ou plutôt osées, dans la lignée de Fifty Shades. Mais le sujet privilégié reste l'amour. Toujours.

28.03 2013

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