31 JANVIER - RÉCIT France

Noël Herpe- Photo CATHERINE HÉLIE/GALLIMARD

Après un Journal en ruines (L'Arbalète, 2011) qui a marqué ses lecteurs, Noël Herpe poursuit son atypique entreprise autobiographique dans Mes scènes primitives. Le critique y confie son intérêt pour "la féminité des hommes" et pour les collants. Le voici qui se souvient du jeune garçon qu'il fut, "enfant inconsolé" et solitaire. Lorsqu'il empruntait volontiers les bijoux et les dessous maternels. On verra d'ailleurs ici évoquée une mère qui avait un temps quitté le foyer conjugal et son dentiste d'époux "dans les cris et l'opprobre". Une mère à qui il essayait de faire partager sa passion du théâtre d'Henry Becque et d'Edouard Bourdet dont il prise plus que tout Les temps difficiles.

Incollable sur de Flers et Caillavet, le jeune Noël avait compris que Labiche n'était pas qu'un "vaudevilliste amusant". Les voyages dans le temps offerts par les dramaturges lui permettaient d'oublier le moment présent. Collectionneur des numéros de la revue La Petite Illustration, le rôle préféré de l'adolescent a longtemps été celui de l'amoureux éconduit. Comme lorsqu'il s'éprenait d'une Violaine, condisciple du lycée Henri-IV qui ne partageait pas ses sentiments. Avant qu'il s'intéresse surtout aux "beaux jeunes gens". En littérature, ses goûts le portaient vers François Mauriac, son écrivain "fétiche" dont il chérissait les "pièces vénéneuses" à l'atmosphère "de soufre et de foudre", ou Julien Green qui l'éblouit avec Adrienne Mesurat et qu'il rencontra ensuite.

Sans pathos et sans masque, Noël Herpe raconte ses errances et ses rêves, ses jeux et ses fantasmes. Et signe l'autoportrait d'un être aussi singulier qu'attachant.

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