Chamoiseau et Glissant lancent un “Manifeste” de soutien à la Guadeloupe

Patrick Chamoiseau et Edouard Glissant © DR

Chamoiseau et Glissant lancent un “Manifeste” de soutien à la Guadeloupe

Intitulé Manifeste pour les “produits” de haute nécessité, ce texte poétique qui appelle à la renaissance des utopies politiques est daté du 16 février, alors que la contestation sociale se durcit dans les Antilles. Les deux écrivains publient chacun un livre en avril chez Gallimard.

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Par Catherine Andreucci,
avec ca,
Créé le 16.02.2009 à 00h00,
Mis à jour le 16.02.2009 à 00h00

Patrick Chamoiseau et Edouard Glissant, deux écrivains d'origine martiniquaise, font partie des neuf initiateurs d'un Manifeste pour les “produits” de haute nécessité, diffusé le 16 février et destiné à soutenir la grève générale qui paralyse la Guadeloupe depuis près d'un mois.

Alors que le mouvement social s'est étendu à la Martinique, ce manifeste de 10 pages résonne comme un appel poétique à faire renaître les utopies politiques.

Très impliqués dans la réflexion sur la créolité, Patrick Chamoiseau et Edouard Glissant ont fait paraître début janvier chez Galaade L'intraitable beauté du monde, adresse à Barack Obama, qui est un succès de librairie.

Le 9 avril, Edouard Glissant publie chez Gallimard un essai intitulé Philosophie de la relation, et Patrick Chamoiseau publie, le même jour et chez le même éditeur, un roman, Les neuf consciences du Malfini.

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Extrait :
“Cette grève est donc plus que légitime, et plus que bienfaisante, et ceux qui défaillent, temporisent, tergiversent, faillissent à lui porter des réponses décentes, se rapetissent et se condamnent.
Dès lors, derrière le prosaïque du “pouvoir d'achat” ou du “panier de la ménagère”, se profile l'essentiel qui nous manque et qui donne du sens à l'existence, à savoir : le poétique. Toute vie humaine un peu équilibrée s'articule entre, d'un côté, les nécessités immédiates du boire-survivre-manger (en clair : le prosaïque) ; et, de l'autre, l'aspiration à un épanouissement de soi, là où la nourriture est de dignité, d'honneur, de musique, de chants, de sports, de danses, de lectures, de philosophie, de spiritualité, d'amour, de temps libre affecté à l'accomplissement du grand désir intime (en clair : le poétique). Comme le propose Edgar Morin, le vivre-pour-vivre, tout comme le vivre-pour-soi n'ouvrent à aucune plénitude sans le donner-à-vivre à ce que nous aimons, à ceux que nous aimons, aux impossibles et aux dépassements auxquels nous aspirons.”


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