Charlemagne a des envies d’espace. En moins de quatre mois, la mini enseigne de librairies-papeteries ancrée dans le Sud-Est, qui dégage 24 millions d’euros de CA dont 6,8 grâce aux livres, ouvre deux magasins, portant le nombre de ses points de vente à 7. Dès le 5 avril, le navire amiral de l’enseigne, installé dans le centre de Toulon, s’enrichit ainsi d’un nouvel espace. Mitoyen du magasin, mais pas encore communicant, il occupe 180 m2 et accueille la jeunesse et la BD, permettant ainsi d’accroître de 30 % l’assortiment pour les enfants pour atteindre 25 000 volumes, et de doubler celle de la BD, la portant à 8 000 ouvrages. La présentation et la théâtralisation des livres y sont largement privilégiées avec, notamment, l’introduction d’un nouveau mobilier adapté. Pour accentuer l’aspect convivial du lieu, Olivier Rouard, dirigeant de Charlemagne, a agrémenté la boutique d’une cabane de lecture, librement inspirée de celle imaginée par Decitre pour le magasin de Confluences (Lyon). La création de cette boutique supplémentaire libérant mécaniquement une centaine de mètres carrés dans le magasin général, Olivier Rouard procède donc à un réaménagement, au profit notamment des rayons poche et pratique. Un coffee shop, encore en projet, devrait également voir le jour sur 75 m2 environ.
Par ailleurs, et afin « d’équilibrer le risque par rapport à une attaque de fréquentation sur le centre-ville », précise Olivier Rouard, un nouveau magasin verra le jour le 1er juillet dans la zone commerciale de La Valette-du-Var, dans la proche banlieue de Toulon. Sur 1 200 m2, le local réunira les trois grandes spécialités de Charlemagne : fournitures de bureau, papeterie et librairie. Cette dernière comptera, sur 450 m2, 30 000 à 40 000 titres. Entièrement financés par des prêts bancaires, les deux nouveaux magasins provoquent l’inquiétude chez les libraires indépendants du centre-ville. « Nous jouons sur la diversité plutôt que sur la concurrence frontale, répond Olivier Rouard. Nos boutiques auront des sensibilités différentes et donc des publics visés complémentaires. L’objectif de Charlemagne reste avant tout de renforcer l’offre en centre-ville afin d’y attirer une clientèle toujours plus nombreuse. »
Cécile Charonnat