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COP 21 : 150 titres pour répondre à toutes les questions

COP 21 : 150 titres pour répondre à toutes les questions

Olivier Dion

COP 21 : 150 titres pour répondre à toutes les questions

Si elle dénonce toujours une catastrophe maintenant bien annoncée, la production éditoriale prévue dans la perspective de la 21e conférence sur le climat, du 30 novembre au 11 décembre, se caractérise surtout par le nombre de titres proposant des solutions et par l’engagement de toutes les catégories d’éditeurs : généralistes, militants, universitaires, jeunesse, scientifiques, pratiques ou institutionnels.

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Par Hervé Hugueny,
Créé le 23.10.2015 à 02h03 ,
Mis à jour le 23.10.2015 à 11h04

Paru début octobre, à 4,90 euros pour 50 pages, Osons : plaidoyer d’un homme libre, le bref essai à petit prix de Nicolas Hulot s’est installé immédiatement parmi les meilleures ventes des essais et documents. D’abord annoncé au Cherche Midi, puis finalement publié aux Liens qui libèrent, l’auteur confirme son statut d’incarnation médiatique de l’écologie. Une valeur très recherchée par les éditeurs en prévision de la 21e Conférence des parties de la convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques.

Dite "COP 21" en version abrégée, elle se tiendra au Bourget du 30 novembre au 11 décembre. Comme tous les très grands événements annoncés longtemps à l’avance, cette conférence génère une production éditoriale abondante dans tous les genres, prix, et formats. Avec quelque 150 titres publiés au second semestre (bibliographie en pdf), les libraires pourront répondre aux demandes les plus diverses, avec des ouvrages de vulgarisation ou universitaires, engagés ou simplement pratiques, à destination de la jeunesse ou plus institutionnels. Belin, avec ses marques Le Pommier et Pour la science, rassemble ses publications dans un catalogue ("Je m’engage pour le climat") qui met en avant ses auteurs et les événements auxquels ils participent. Buchet-Chastel fait de même, avec un tiré à part listant une trentaine de titres en rapport avec la manifestation.

Motivés

A l’image du Pommier, les éditeurs scientifiques et-ou universitaires sont les plus motivés. Quæ, groupement du Cemagref, du Cirad, de l’Ifremer et de l’Inra, présente ainsi 5 titres, le CNRS 4, Armand Colin et Dunod 3, de même que les Presses des Mines ou IRD ou encore les Presses de Sciences po, à propos des questions de gouvernance. Même Technip, spécialiste du pétrole et du gaz, se montre préoccupé par la transition énergétique. Les Puf ont programmé un solide Dictionnaire de la pensée écologique, paru fin septembre. Odile Jacob, maison reconnue dans la vulgarisation scientifique, veut réconcilier l’écologie et l’économie. Les éditeurs engagés ont également bien préparé cette COP 21, notamment Les Liens qui libèrent ou Les Petits Matins (4 titres chacun), Le Passager clandestin (3 titres). Près d’une dizaine de maisons publient à destination de la jeunesse. Eu égard au caractère officiel de l’événement, l’OCDE et La Documentation française reprennent des rapports officiels. A l’instar de l’essai de Nicolas Hulot, nombre de ces titres sont vendus à moins de 5 euros.

Les éditeurs ont parié que la couverture médiatique soulèvera plus de curiosité que de lassitude, en s’appuyant aussi, pour se distinguer, sur la notoriété de quelques auteurs courtisés. Nicolas Hulot, toujours, signe ainsi au Cherche Midi, qui n’a pas tout perdu, la mise à jour d’un de ses titres pour la jeunesse (Mon petit écologuide). Albin Michel a confié une histoire du climat à Louis Bodin, le météorologue de RTL et de TF1. Flammarion a publié Noël Mamère, qui avait honorablement porté les couleurs des Verts lors des présidentielles de 2002. Son essai (Changeons le système, pas le climat) s’installe doucement. Yann Arthus-Bertrand s’engage dans plusieurs préfaces et cosigne un beau livre jeunesse chez La Martinière. Vilo propose aussi un beau livre (Planète fragile) préfacé par Albert de Monaco et rassemblant les signatures de vedettes écoloresponsables (Marion Cotillard, Leonardo DiCaprio, Alain Ducasse…). Fayard a demandé à Jean Malaurie, à jamais l’auteur des Derniers rois de Thulé, de reprendre la plume pour écrire une Lettre à un Inuit de 2022, lui enjoignant de préserver son environnement. Chez le même éditeur, le botaniste Jean-Marie Pelt rassemble des textes des principales religions témoignant d’une défense de l’écologie (Les voies du bonheur). Mais la référence de l’engagement d’une célébrité reste Loué sois-tu, l’encyclique du pape François publiée depuis l’été chez une dizaine d’éditeurs, et toujours dans les meilleures ventes.

Victime climatique

Ring comptait aussi sur la notoriété de Philippe Verdier, le Monsieur météo de France 2, pour donner de la visibilité à Climat investigation, un essai résolument climatosceptique paru début octobre. Bilan : une victime climatique de plus, l’auteur s’étant vu signifier sa mise à pied par la chaîne. Avec Le Toucan ou Michel de Maule, Ring fait partie de la poignée d’éditeurs qui ont choisi, par opportunisme ou conviction, de prendre le contre-pied des multiples analyses justifiant une profonde remise en cause de nos comportements et de notre consommation d’énergie.

Aujourd’hui, peu d’éditeurs se risquent toutefois à nourrir cette polémique en espérant y trouver un marché. Avec La comédie du climat : comment se fâcher en famille sur le réchauffement climatique d’Olivier Postel-Vinay, Lattès ouvre un angle assez large, qui laisse supposer que chacun pourra trouver quoi répondre sur le sujet. Arthaud fait dialoguer l’ancien ministre Brice Lalonde et le journaliste Alain Hervé, en désaccord. Chez Atlande, le géographe Raymond Woessner veut "déprogrammer l’Apocalypse". Au Cavalier bleu, une dizaine d’experts se proposent de "démêler le vrai du faux". Autres temps et La Ville brûle exposent aussi ces arguments divergents, en proposant des solutions. Le Pommier présente le témoignage de "climatologues face à la désinformation". Gallimard réédite et met à jour L’avenir du climat : enquête sur les climato-sceptiques de Stéphane Foucart, qui règle leur compte aux marchands de doute.

Anthropocène

La tonalité générale de la production évolue aussi. Devant l’urgence d’une prise de conscience, nombre d’auteurs choisissent encore d’enquêter sur la destruction que l’homme continue d’infliger à son environnement. Vuibert a traduit avec succès une référence en la matière, prix Pulitzer de l’essai en 2015. Publié dès fin août, La 6e extinction, comment l’homme détruit la vie (Elizabeth Kolbert) en est à près de 6 000 ventes selon GFK. Les Liens qui libèrent, maison très impliquée sur le sujet, traduit un essai d’anticipation qui prédit L’effondrement de la civilisation occidentale et évoque les conséquences de La guerre du climat. Dans Crime climatique : stop !, le Seuil rassemble les appels de personnalités sur les drames engendrés par le réchauffement dans sa collection "Anthropocène". Elle est consacrée, comme son nom l’indique, à cette ère géologique qui serait caractérisée par l’action de l’homme sur son environnement.

Au-delà des solutions générales de politique publique, plusieurs titres engagent l’individu à se responsabiliser et à changer de comportement. On peut évoquer Je crise climatique : la planète, ma chaudière et moi (La Découverte), Le changement climatique : ce qui va changer dans mon quotidien (Quæ), Green nudge : changer les comportements pour sauver la planète (Pearson), Développement durable : des solutions, rien que des solutions (Maxima Laurent du Mesnil). L’Echiquier publie un petit manuel de tri de ses déchets et Eyrolles encourage les professionnels du bâtiment à s’inspirer de la maison provençale, modèle des techniques éprouvées en économie d’énergie.

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