Ancien directeur d’une agence de communication et de marketing, Cyril Malagnat a racheté en 2011 Rev’en pages, librairie spécialisée jeunesse à Limoges, qu’il a quittée en juillet 2015. Depuis, il travaille à la création dans la même ville d’un café-librairie-galerie, un lieu où il souhaite proposer une offre culturelle étendue et dont l’ouverture est programmée au second semestre.
Cyril Malagnat - Les libraires sont riches d’idées et très créatifs pour proposer des événements culturels et animer leur magasin. Partout des initiatives originales naissent, mais elles ne sont pas exploitées jusqu’au bout faute de temps, de moyens et de connaissances, en marketing notamment. L’étude de l’Obsoco [réalisée pour les Rencontres nationales de la librairie en 2013] le montre : la demande des clients existe mais moins d’un sur deux assiste aux événements organisés par les librairies, et l’évaluation qu’ils en font reste moyenne. Il existe donc une marge de progression pour améliorer cette offre. Cela passe par l’élaboration d’une stratégie globale.
Une des forces de la librairie indépendante, c’est son particularisme, qu’il faut maintenir mais conjuguer avec les grandes orientations du marketing. Il n’existe donc pas une stratégie unique mais beaucoup de stratégies à développer en fonction du point de vente. Cela suppose d’abord un recul sur sa librairie, sur ce qu’elle représente et sur la manière dont elle se positionne dans sa zone de chalandise. L’autre enjeu majeur réside dans la connaissance de son ou de ses publics. Dans ce domaine, la démarche des librairies reste très empirique. Ils disposent la plupart du temps des données grâce à leur logiciel de gestion et à leur carte de fidélité, mais ils ne les exploitent pas suffisamment.
Tout existait dans cette librairie : un public captif et une reconnaissance liée à son fonds et à la qualité de ses conseils. Il ne me restait qu’à faire vivre cela. Nous avons travaillé en suivant deux axes : la collecte d’informations, à travers notamment les bulletins-réponses des jeux concours que nous organisions, et la carte de fidélité, que nous avons scindée en deux. L’une était dédiée au grand public et l’autre aux professionnels, en particulier les enseignants. L’idée était d’élaborer une offre de services et d’animations "privilèges" spécifique à chaque public. La recette a vite pris, et cela a donné une nouvelle dynamique à la librairie, qui est devenue force de proposition sur sa zone de chalandise. d
