Balles et Bill. En ce temps-là, les années folles, il y avait les étoiles. Celles de l'écran et, presque en une égale mesure, celles des courts de tennis. Il y avait Chaplin, Garbo, Dietrich et puis, grand corps encombré devenu gracieux raquette en mains, il y avait lui. Bill Tilden (1893-1953), dit « Big Bill ». Un champion inouï, au palmarès alors incomparable (US Championships, Coupe Davis, Wimbledon...) considéré aujourd'hui encore comme l'un des plus grands tennismen de tous les temps. Mais ce que l'on sait moins, ou ce que l'on a voulu oublier, c'est que lorsque les lumières s'éteignirent sur la gloire de Tilden, la suite du chemin se fit dans l'angoisse, la honte, le chagrin.
C'est ce grand roman américain, cette trajectoire fitzgéraldienne, que nous conte avec empathie et fascination Daniel Arsand dans Revers. L'idole aimait les garçons, ramasseurs de balles, michetons de LA ; il en paya le prix. Celui de sa réputation, de la prison aussi. Et le fait d'avoir accepté d'entraîner l'équipe nationale allemande à l'heure du nazisme n'arrangea pas ses affaires... C'était un homme ombrageux comme un enfant, cet enfant qu'au fond, il était toujours resté. Encombré de ses dons dont il ne sut sinon quoi faire, au moins y renoncer. Daniel Arsand le saisit à son heure dernière, à son ultime nuit, alors que tout est depuis longtemps consumé, les jolies choses, la clameur admirative du monde. Fitzgerald avait raison : « Il n'y a pas de deuxième acte dans les vies américaines. »
Revers
Actes Sud
Tirage: 2 200 ex.
Prix: 19 € ; 176 p.
ISBN: 9782330220730
