Décès de l'historien Tony Judt | Livres Hebdo

Tony Judt

Les éditions Héloïse d'Ormesson publient en septembre son prochain livre, Retour sur le XXe siècle.

L'historien d'origine britannique Tony Judt, spécialiste notamment de la gauche française, est décédé à New York où il enseignait, rapporte dimanche le New York Times.

Enseignant à la New York University, âgé de 62 ans, il souffrait de sclérose latérale amyotrophique (SLA), également appelée maladie de Charcot. Il est décédé vendredi 6 août à la suite de complications, précise le journal. Très atteint, il faisait ses dernières conférences en chaise roulante, équipé d'un appareil respiratoire.

Né en Grande-Bretagne dans une famille d'immigrants juifs, il s'était installé aux Etats-Unis après des études à Cambridge et à l'Ecole normale supérieure, se spécialisant notamment dans l'histoire de la gauche française.

Auteur notamment de La Reconstruction du Parti Socialiste: 1921-1926 (1976, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques), il avait reçu en 2008 le Prix du Livre européen pour son Après-guerre: une histoire de l'Europe depuis 1945 (2007, Armand Colin, réédité par Hachette Littératures).

Fayard avait publié en 1992 Un passé imparfait : les intellectuels en France, 1944-1956. Calmann-Lévy avait édité La responsabilité des intellectuels : Blum, Camus, Aron en 2001.

Les éditions Héloïse d'Ormesson, de leur côté, vont faire paraître le 23 septembre Retour sur le XXe siècle, qui démontre comment l'histoire de la pensée se construit à partir d'une suite logique.

Quelques uns de ses essais ne sont pas encore traduits, et notamment son dernier livre paru chez Penguin Press en mars 2010, Ill Fares the Land. Il s'agit d'une lecture qu'il avait faite à la New York University en octobre 2009, concernant la social-démocratie et sa déchéance aux yeux des citoyens.

Dans The New York Review of Books, il avait écrit une ultime tribune en janvier, sur sa maladie.

Un temps fervent soutien d'Israël, il s'était éloigné du sionisme et avait estimé que l'autodéfinition d'Israël comme Etat juif en faisait "un anachronisme". Il était devenu partisan d'un état binational, où les Juifs et les Arabes seraient égaux en droits.

Thématique

Auteurs cités (2)

close

S’abonner à #La Lettre