Décès de V. S. Naipaul, prix Nobel de littérature 2001 | Livres Hebdo

Par Cécilia Lacour, avec AFP, le 12.08.2018 à 11h42 (mis à jour le 13.08.2018 à 11h39) Disparition

Décès de V. S. Naipaul, prix Nobel de littérature 2001

V. S. Naipaul - Photo CAPTURE D'ÉCRAN - INTERVIEW BBC

L'écrivain britannique Sir Vidiadhar Surajprasad Naipaul, distingué par le prix Nobel de littérature en 2001, est décédé à son domicile de Londres à l'âge de 85 ans. 

L'auteur britannique d'origine indienne Vidiadhar Surajprasad Naipaul, prix Nobel de littérature en 2001, est décédé à son domicile de Londres, samedi 12 août, à l'âge de 85 ans. 

"Il était un géant dans tout ce qu'il a accompli et il est mort entouré par ceux qu'il aimait, ayant vécu une vie pleine de créativité merveilleuse et d'initiative", a déclaré sa femme Lady Naipaul dans un communiqué.

Vidiadhar Surajprasad Naipaul —peintre du déracinement, des petites gens et des empires déclinants— est l'auteur de plus de trente ouvrages dans lesquels se mélangent fiction, non-fictions et autobiographies. 

Migration

Issu de la communauté indienne de l'île de la Trinité, dans les Antilles britanniques, Vidiadhar Surajprasad Naipaul est né le 17 août 1932. A l'âge de 18 ans, il est parti pour l'Angleterre afin de suivre des études littéraires à l'Université d'Oxford. Diplômé, il est devenu journaliste et a collaboré avec plusieurs magazines britanniques avant de se lancer dans l'écriture. 

En 1957, il a publié son premier roman Le masseur mystique qui peint la vie tapageuse des travailleurs, commerçants, politiciens et arnaqueurs de Trinidad. Le masseur mystique a été édité en France par Gallimard en 1965 et est désormais disponible dans la collection "Les cahiers rouges" de Grasset. 

Considérée comme l’une de ses œuvres majeures, son autobiographie Une maison pour Monsieur Biswas (1964, publié en France chez Gallimard en 1967) décrit la difficulté pour les immigrants indiens dans les Caraïbes à s’intégrer dans la société tout en conservant leurs racines. Le héros du roman emprunte les traits de son père.

Franc-parler

Condamné à chercher dans les valeurs universelles l'essence de l'être, et à travers elle sa propre identité, l'écrivain-philosophe a visité l’Inde, l’Afrique, les Amériques, les pays musulmans d’Asie.

Réputé pour son franc-parler, V.S. Naipaul était connu pour rompre facilement avec ses connaissances: "Ma vie est courte. Je ne peux pas écouter des banalités", avait-il l’habitude de dire. Son ire s’est manifestée à l'encontre de multiples sujets: de la corruption du pouvoir politique indien en passant par le comportement, cynique selon lui, de l'Occident envers ses anciennes colonies et le culte de la personnalité dans Le retour d'Eva Peron (1980).

Reconnaissance

En 1998, il a livré Jusqu’au bout de la foi (Plon, disponible chez Grasset) dans lequel il a tenu la chronique des absurdités d'un monde soumis aux diktats de la foi où se retrouvent, à la place des hommes libres et enthousiastes de 1979, des serviteurs du Prophète. Cet essai a été écrit au terme d’un voyage apaisé qui l’avait conduit, dix-sept ans auparavant, dans les quatre pays musulmans non arabes —Indonésie, Iran, Pakistan, Malaisie— qui ont été une source d’inspiration pour Crépuscule sur l’Islam, voyage au pays des croyants (Albin Michel, 1981, et disponible chez Grasset).

Titulaire de nombreux prix, dont le prestigieux Booker Prize en 1971 pour Dis-moi qui tuer (édité en France en 1983 chez Albin Michel et aujourd'hui indisponible), V.S. Naipaul a été anobli par la reine Elizabeth II en 1990. L’auteur a également été distingué par le prix Nobel de littérature en 2001 "pour avoir mêlé narration perceptive et observation incorruptible dans des œuvres qui nous condamnent à voir la présence de l'histoire refoulée". Pendant la cérémonie, l’Académie suédoise l’avait qualifié d'"écrivain cosmopolite" et "tourmondiste littéraire".

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