Démissions en cascade au prix du Savoir et de la Recherche

le Procope, où sera décerné le prix

Démissions en cascade au prix du Savoir et de la Recherche

La présence, au jury, de Maxime Brunerie, auteur d'une tentative d'assassinat sur Jacques Chirac le 14 juillet 2002, a déjà entraîné le départ d'une dizaine de membres.

Par Julie Rocha-Soares
avec jrs Créé le 15.04.2015 à 19h12

C'est un journaliste du site Rue89 qui l'a repéré parmi les 23 membres du jury du prix du Savoir et de la Recherche (voir notre article du 31 octobre 2011) : Maxime Brunerie, ancien militant d'extrême droite, avait tenté d'assassiner le président Jacques Chirac le 14 juillet 2002, puis purgé 7 ans de prison sur les 10 annoncés lors de son procès en 2004. Or la majorité des jurés pensait à un homonyme et ne l'avait pas identifié aux réunions et comités de lecture.

“J'ai découvert, lundi soir, par mon ami journaliste Hubert Artus, que le Maxime Brunerie du jury était bien le fameux néo-nazi vaguement repenti. J'ai aussitôt démissionné du prix du Savoir et de la Recherche et du prix Rive gauche, fondés par Laurence Biava“, nous a déclaré Emmanuel Pierrat, qui ne souhaite pas “lui être associé en y figurant aussi”.

Alertés, les autres membres du jury démissionnent en cascade ce mardi 16 novembre : Laurence de Cambronne, Claire Fercak, Fabrice Lardreau, Lauren Malka, Arnaud Viviant, Carole Zalberg ou encore Eliette Abecassis, qui affirme que son nom a été inscrit d'office dans la liste sans qu'elle ait donné son accord.

Quant à Gérard de Cortanze, il nous a déclaré : “Je ne savais pas que Maxime Brunerie siégeait, sinon je n'aurais jamais accepté de faire partie du jury. Et personne ne m'a demandé mon avis sur l'opportunité de ce nouveau juré. Ce que je demande c'est sa démission. Sinon, c'est moi qui démissionnerai.”

Par ailleurs, suite à “l'affaire Maxime Brunerie”, l'université Paris-Descartes, jusqu'alors partenaire de l'événement, annonce “se désolidariser totalement de ce prix”.

“Je suis médusée, triste, sidérée”, déclare Laurence Biava, qui certifie n'avoir jamais dissimulé le nom de Maxime Brunerie dans la première liste de 19 membres pressentis envoyée aux concernés le 11 août dernier. Elle n'a donc aucune intention d'exclure du jury celui qu'elle a rencontré au Salon du livre de Paris en mars dernier, et qui aurait été “le plus assidu, avec des notes de lecture plus riches que certaines autres”.

A l'avenir, la fondatrice du prix, qui déplore “un milieu littéraire français verrouillé”, certifie “continuer seule”, sans partenaires. Elle remettra comme prévu, le 20 novembre au Procope, à Paris, sa récompense dotée de 3 000 euros pour un institut de recherche scientifique, augmentant en outre la dotation pour le lauréat à 2 000 euros, au lieu des 1 200 prévus. Selon diverses sources, le favori serait David Le Breton pour Eclats de voix : une anthropologie des voix (Métailié).

Les dernières
actualités