MASTER CLASS

Jacques Chancel a évoqué des souvenirs croustillants.

Vous avez quatre enfants... est-ce que vous en êtes content ? - Oui, j'en suis très content » : c'est l'exemple type de question-réponse entre Jacques Chancel et un écrivain, Georges Simenon en l'occurrence, le 1er mars 1972, dans l'un des quelque 350 "Grand échiquier", émission phare de la deuxième chaîne de télévision (devenue Antenne 2 en 1975) pendant dix-huit ans. Spécialiste par ailleurs de l'entretien intimiste sur France Inter avec "Radioscopie", le journaliste recevait pendant plus de trois heures - battant même un record de 5 h 15 - totalement hors promotion, une personnalité du monde culturel. On y a vu Léo Ferré, Arthur Rubinstein, Lino Ventura... et, dans une moindre mesure, des écrivains tels que Maurice Genevoix, Léopold Sédar Senghor, Frédéric Dard, Bernard-Henri Lévy. Sophie Marceau y a lu Prévert à 20 h 30...

Ce sont précisément les extraits de ces émissions, diffusées entre 1972 et 1985, qu'Olivier Barrot a choisis pour sa troisième master class, le 11 octobre dernier à l'Ina-Expert, consacré à "L'évocation du livre à la télévision" (1). Initiateur de la première émission pluriculturelle qui, depuis, a fait école, Jacques Chancel y a évoqué quelques souvenirs croustillants - Michel Serrault se faisant cuire des oeufs au plat sous un piano à queue - ou dérangeants - "Elle n'est pas écrivain, elle est lesbienne", lui dit un jour Albert Cohen à propos de Marguerite Yourcenar. Croit-il pour autant que ce soit la meilleure formule pour parler du livre à la télévision ? "Le pluriculturel est un danger", affirme l'administrateur du groupe Canal+, pas pessimiste pour autant : "Je crois qu'il y aura à nouveau un jour une grande émission littéraire sur France 2 ou France 3." Vraiment ?

(1) Prochain rendez-vous le 15 novembre à 17 h avec Jean-Michel Mariou, producteur de ""Qu'est-ce qu'elle dit, Zazie ?" ou la marginalité éclairée", à L'Ina Expert, en partenariat avec Livres Hebdo.

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