15 mai > Essai France

En 1967, Robert Misrahi donnait à la Sorbonne son cours sur le bonheur. Un an avant la vague étudiante, il tentait d’expliquer ce qu’il y avait derrière l’idée de la plage dissimulée sous les pavés. Cette idée, c’est encore le bonheur. Il y revient dans cet essai de définition de l’essence de la jeunesse.

Robert Misrahi - Photo RAMET GAUDIN/ENCRE MARINE

Récemment, le philosophe avait dit à Livres Hebdo (1) combien lui importaient la liberté qui s’apprend et la jeunesse qui doit se préserver comme un enchantement du monde. Voilà pourquoi le souci de la jeunesse doit être pour lui actuel et désintéressé. Il en fait "le professeur de liberté de l’humanité".

On voit ici qu’il ne s’agit pas d’une posture de la part d’un philosophe de 89 ans qui a toujours défendu l’idée d’une pensée libre et claire avec ses deux repères, Spinoza et Sartre. Misrahi apprécie les chemins de traverse, ceux qui apparemment vous égarent pour mieux vous retrouver.

Dans ses propositions, il avance l’idée que les livres figurant dans les programmes d’études devraient être gratuits - cela ne plaira pas à tous les éditeurs… - tout comme les transports. Sa générosité ne relève pas de l’utopie. Pour penser bien, il ne suffit pas de penser fort, il faut penser juste.

Au-delà de l’analyse sociologique ou psychanalytique, Misrahi nous montre la jeunesse moins comme un groupe déterminé - notamment par les marchands de mode qui veulent lui fourguer n’importe quoi - que comme l’incarnation de notre propre espérance. D’où le désir de la présenter au travers d’une éthique de la liberté créatrice et de la joie.

Voilà un essai qui fait du bien, où l’intelligence du cœur chemine joyeusement avec la raison. L. L.

(1) LH 1028, le 6.2.2015, p. 30-31.

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