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Enfant battu, le journaliste Mohamed Bouhafsi se confie dans un livre

Mohamed Bouhafsi - Photo DR/LAROUSSE

Enfant battu, le journaliste Mohamed Bouhafsi se confie dans un livre

Le journaliste sportif publie le récit de son enfance dans Rêver sous les coups, à paraître le 3 novembre chez Larousse. "Mon chemin peut être emprunté par d’autres, mon histoire doit servir. Je ne suis pas un exemple, juste un espoir."
 

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Par Dahlia Girgis,
Créé le 30.06.2021 à 12h29,
Mis à jour le 30.06.2021 à 14h09

Le journaliste sportif Mohamed Bouhafsi publie le récit de son enfance dans Rêver sous les coups, à paraître le 3 novembre chez Larousse. Âgé de 29 ans, l'auteur raconte, avec la collaboration de la romancière Géraldine Maillet, les violences que lui fait subir son père jusqu'à ses 8 ans. "Dans un récit poignant il dit la violence, les larmes, la culpabilité et la honte. Il dit la terreur d’un petit garçon, qui malgré tout, continue à vivre et à rêver sous les coups", précise le communiqué de presse.
 
Spécialiste du ballon rond, Mohamed Bouhafsi avait déjà partagé son passé d'enfant battu dans une tribune publiée par le Journal du Dimanche au printemps 2020. Son travail et ses prises de positions contre l'homophobie ou le racisme font de lui une personne très suivie par le public. Très actif sur les réseaux sociaux, il compte près de 475 000 abonnés sur Twitter et 75 000 sur Instagram.

Actuellement rédacteur en chef Football à RMCsport et BFMTV, Mohamed Bouhafsi rejoindra l’équipe de l'émission "C à vous", diffusée sur France 5, à la fin du mois d'août.
 
Extrait de Rêver sous les coups:
"Quand je replonge dans mon passé, tout est flou. J’ai des bouffées de souvenirs, des bribes de quotidien. La maternelle joyeuse à Paris, Samuel, mon meilleur ami qui m’invite toujours, mais que je n’invite jamais, le déracinement en banlieue, les posters de Zinédine Zidane et les allers-retours aux urgences pour recoudre une arcade. La mienne ou celle de maman. J’ai une impression chaotique, diffuse. Je n’ai pas d’album photo, pas de films de vacances, peu de Noëls en famille. Ma mémoire défaillante a fait le tri. Elle a opté pour un reset général. Pourtant, même si, au fil des années, je me suis employé à tout cacher, à tout enfouir, à tout gommer, je dois essayer de parler aujourd’hui. Il est temps de puiser au plus profond de moi. [...]
 
Chaque jour, je veux prouver que j’ai réussi à éviter ce qui me tendait les bras. Je veux que mon père prenne en pleine gueule qu’il aurait pu être fier de moi, qu’on aurait dû avoir une belle vie ensemble. Je veux que les quelques racistes que j’ai croisés se rendent compte qu’ils ont fait fausse route et que je suis un atout pour mon beau pays. Je veux surtout que tous les gamins qui ont la même enfance que la mienne se disent que si je l’ai fait, ils peuvent le faire. Mon chemin peut être emprunté par d’autres, mon histoire doit servir. Je ne suis pas un exemple, juste un espoir. [...]
 
Je sais aussi au plus profond de moi que je ne reproduirai jamais ce que j’ai tant détesté et ce qui m’a fait autant de mal. Je le sais parce que je le regarde en face, droit dans les yeux, sans lâcheté ou sans honte. Je l’affronte pour m’en détourner définitivement. J’ai zoomé sur les coups, j’ai décortiqué toute cette violence, je ne me suis pas caché les yeux, ni bouché les oreilles. Mais c’est certain. Je ne veux plus me considérer comme une victime. Je suis un homme apaisé.

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