Polar

Franz Bartelt, « Un flic bien trop honnête » (Seuil) : Le crime considéré comme un des beaux-arts

Bartelt - Photo © OLIVIER RAMONTEU

Franz Bartelt, « Un flic bien trop honnête » (Seuil) : Le crime considéré comme un des beaux-arts

Franz Bartelt signe un roman déjanté, très littéraire, aux marges du polar. Tirage à 6 000 exemplaires.

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Par Jean-Claude Perrier,
Créé le 02.05.2021 à 13h15,
Mis à jour le 03.05.2021 à 17h53

Après le très réussi Hôtel du Grand Cerf (2017), son premier livre au Seuil, le merveilleux graphomane Franz Bartelt, qui a déjà épuisé quelques éditeurs, récidive, toujours dans la collection « Cadre noir » censée être dédiée au roman policier. Il est vrai que, depuis des années, le genre, qui a gagné ses lettres de noblesse littéraire, s'est bien diversifié. Au point qu'ici, Un flic bien trop honnête est à peine un roman, et policier uniquement parce que l'un des héros, l'inspecteur Wilfried Gamelle, est, comme le titre le stipule, un « flic ».

Ainsi que le début du livre l'indique au lecteur attentif, Bartelt a voulu rendre hommage aux Exercices de style du grand Raymond Queneau : il y a un autobus, une algarade entre deux personnages, Gamelle et Fernand Ladouce, un aveugle dont on soupçonne assez vite qu'il dissimule quelques secrets. Et il y a même un bouton, arraché à un pardessus, qui, à la fin, jouera le rôle de la preuve irréfutable de la culpabilité de, appelons-le X, un tueur en série ayant commis quarante-sept crimes. Plus un. Rien que des victimes qui n'ont aucun lien entre elles, surinées avec une baïonnette transformée en poignard, proprement, sans haine, d'une façon à la fois méthodique et « artistique ».

La police (Gamelle et son adjoint le Bourrin, un cul-de-jatte obèse et barbu, grossier, à qui un héritage permet de se déplacer en chaise à porteurs avec des laquais), mène mollement l'enquête. Le commissaire Valentin, leur chef, pense que l'assassin finira bien par se faire pincer. Pas vraiment, en fait, et pas tout de suite. D'où la fin du livre, en queue de poisson, que l'on se gardera bien sûr de dévoiler ici.

Sinon, ça s'agite, ça papote, ça fraternise en apparence, tandis que les cadavres pleuvent près des arrêts d'autobus. La galerie des personnages est épatante, jusqu'à Magdeleine, la jeune domestique dont Gamelle tombe amoureux dans des circonstances rocambolesques, mais surtout trop tard. Ce cocktail de Queneau et de Columbo est tout à fait réjouissant.

Franz Bartelt
Un flic bien trop honnête
Seuil
Tirage: 6 000 ex.
Prix: 17,50 € ; 176 p.
ISBN: 9782021479348

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