Gutenberg & Co veut offrir à la France le brevet de son robot d’impression à la demande

Gutenberg est un robot. - Photo Olivier Dion

Gutenberg & Co veut offrir à la France le brevet de son robot d’impression à la demande

Le fondateur de Gutenberg & Co Hubert Pédurand souhaite faire don à la France du brevet de son robot d’impression à la demande Gutenberg One. L’objectif est d’accélérer le déploiement de sa technologie dans les espaces de la francophonie.

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Par Charles Knappek ,
Créé le 01.10.2021 à 10h45 ,
Mis à jour le 01.10.2021 à 11h00

150 robots-imprimeurs dans 53 pays francophones représentant un investissement global d’environ 22 millions d’euros. Tel est le projet de l’imprimeur Hubert Pédurand, directeur général du groupe Laballery et fondateur de la start-up Gutenberg & Co, dont le robot-imprimeur Gutenberg One est capable de produire un livre en cinq minutes en utilisant des ramettes de papier.

Pour y parvenir, l’entrepreneur a profité d’une table ronde aux Etats généraux du livre en langue française dans le monde, organisés les 23 et 24 septembre derniers à Tunis, pour annoncer qu’il souhaite offrir le brevet de sa technologie à la France. « Je considère que mon brevet relève du bien commun et que collectivement nous pouvons en faire l'ARN Messager du livre contre le Covid du tout numérique, a-t-il expliqué à Livres Hebdo. A condition que les auteurs, les éditeurs, les imprimeurs, les diffuseurs, les distributeurs et les libraires de France s’unissent avec la force publique et ses outils pour créer le premier Internet du livre papier au monde. »

Au ministère de la Culture, et alors que Roselyne Bachelot n’était pas présente lors de l’annonce d’Hubert Pédurand, on indique avoir pris bonne note de la proposition. « Ce projet est intéressant car il peut faciliter l’accès aux livres dans des endroits où celui-ci est difficile, indiquent à Livres Hebdo les services de la ministre. Mais il soulève dans le même temps un certain nombre de questions que nous devons expertiser en termes de sécurisation des contenus. Tout cela doit se faire dans le respect du droit d’auteur. »

La Belgique en embuscade

La réponse de Roselyne Bachelot est attendue avec impatience car Hubert Pédurand, de son côté, veut aller vite. Mais pour cela, l’entrepreneur a besoin d’être accompagné : le coût unitaire élevé d’un robot-imprimeur (près de 150 000 euros), tout comme les frais d’entretien et de maintenance, imposent une ingénierie complexe à déployer dans les espaces francophones. « Je préfère me projeter dans des machines vendues plutôt que dans la vente du brevet », ajoute Hubert Pédurand, qui se réserve la possibilité de se tourner vers d’autres interlocuteurs si la France tarde à lui répondre.

La ministre de la Culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles Bénédicte Linard, qui participait au même débat que lui à Tunis, a notamment fait part de son intérêt pour la technologie de Gutenberg & Co.

Gutenberg One est fabriqué en France. Aujourd’hui, un premier robot-imprimeur a été mis en service, dans les locaux parisiens de la librairie L’Harmattan, devenue la première « Librairie.one » de France, qui le propose à ses clients depuis la fin du mois de septembre.

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