Haïti : « On n'est pas là pour faire du tourisme ou de l'humanitaire »

Jean-Euphèle Milcé

Haïti : « On n'est pas là pour faire du tourisme ou de l'humanitaire »

L'auteur haïtien Jean-Euphèle Milcé s'est rendu aux Gonaïves, à la rencontre de 400 lycéens, accompagné de l'écrivain Michel Vézina, pour la première journée du festival Etonnants voyageurs en Haïti.

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Par Anne-Laure Walter,
avec alw, d'haïti,
Créé le 01.02.2012 à 00h00,
Mis à jour le 01.02.2012 à 00h00

Dans une salle bondée de lycéens, où les uniformes propres aux différents établissements dessinent une esthétique damier coloré, les écrivains Jean-Euphèle Milcé et Michel Vézina, sont venus expliquer leur démarche de participer au festival Etonnants voyageurs qui pour son premier jour, mercredi 1er février, envoyait 16 auteurs dans les grandes villes du pays.

Les deux auteurs, l'un haïtien, l'autre québécois et par ailleurs éditeur du premier, avaient choisi de se rendre aux Gonaïves, la ville de province la plus peuplée en Haïti, et qui, pourtant, ne possède ni librairie ni bibliothèque, un cyclone en 2008 ayant détruit la précédente médiathèque.
« On n'est pas là pour faire du tourisme ou de l'humanitaire mais pour parler de la grande aventure qu'est le livre, et vous convaincre que vous pouvez vivre avec la lecture », explique Jean-Euphèle Milcé qui a distillé ses conseils aux futurs écrivains reposant sur la lecture « intéressée et libre » par opposition à la lecture scolaire, la fréquentation de la littérature contemporaine et de ses acteurs.

Michel Vézina, membre d'un « gang d'écrivains à Montréal très rock'n roll » comme l'a défini Jean-Euphèle Milcé et par ailleurs créateur des éditions Coup de tête, lui, a expliqué ce qui le poussait à quitter régulièrement le Québec pour animer des ateliers d'écriture et parler avec des apprentis écrivains.
« Un jour que j'étais invité dans un pays pauvre, j'ai demandé à l'organisateur pourquoi tant d'argent était dépensé à des ateliers d'écritures plutôt que d'utiliser cet argent pour apprendre aux jeunes un métier. Il m'a répondu que sans la littérature, il leur serait impossible d'imaginer mieux. Voilà pourquoi je suis ici aujourd'hui .» a confié Michel Vézina.

Haïti peine à se relever et l'absence d'exportation fait que le pays ne peut pas aspirer à un rapide développement. Jean-Euphèle Milcé a insisté devant les lycéens sur le pouvoir de la littérature haïtienne, reconnue à travers le monde. « Notre dignité nous pouvons la récupérer par la littérature », a-t-il affirmé.
Il a donc encouragé les lycéens à lire beaucoup et à s'essayer à l'écriture, à l'image de ces jeunes écrivains haïtiens qui participent pour la première fois à Etonnants voyageurs, et qui étaient lors de la première édition en 2008, de l'autre côté de l'estrade, dans le public.

01.02 2012

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