AMAZON

Jacques Attali reproche aux gens du livre leur manque d’imagination

 Jacques Attali - Photo © JAQEN (NICCOLÒ CARANTI)

Jacques Attali reproche aux gens du livre leur manque d’imagination

Dans un billet posté sur son blog, Jacques Attali estime que les professionnels du livre ont laissé le champ libre à Amazon, et leur conseille de se reconvertir dans les conférences.

J’achète l’article 1.50 €

Par Hervé Hugueny,
Créé le 19.08.2014 à 16h11,
Mis à jour le 25.08.2014 à 12h08

“Éditeurs, libraires et auteurs doivent s’en prendre à eux-mêmes, en particulier en France: s’ils avaient anticipé la révolution digitale, s’ils n’avaient pas tout fait pour transformer le projet de Très Grande Bibliothèque, qui devait, dix ans avant l’émergence d’Amazon, être numérique, en une bibliothèque physique de plus, antédiluvienne et mal commode, s’ils avaient aidé à la constitution d’un concurrent sérieux d’Amazon (...), on n’en serait pas là” affirme Jacques Attali dans le dernier billet posté sur son blog, à propos du conflit opposant le site de vente en ligne et le monde de l’édition.
 
“Auteur de plus de cinquante livres”, ainsi qu’il le rappelle dans la notice biographique accompagnant son blog, l’ancien conseiller de François Mitterrand affirme que “pour sauver le modèle culturel européen et ses acteurs, il faut imaginer des produits et services nouveaux” et avance une proposition: “comme les musiciens vivent de plus en plus de leurs concerts et moins de leurs disques, comme les journaux vivent de plus en plus des colloques qu’ils organisent et moins de leurs ventes au numéro, éditeurs, libraires et auteurs, vivront de plus en plus des conférences qu’ils donneront”.
Tant de bibliothèques dorment quand tant de gens rêvent de lire !

“De nouvelles entreprises proposeront sur internet des services de prêt de livres entre lecteurs: tant de bibliothèques dorment quand tant de gens rêvent de lire!” pronostique celui qui avait investi en 1998 dans Cytale, la première société française de fabrication d’une liseuse numérique, le Cybook, relancé par Bookeen après sa faillite en 2002.

Aujourd’hui reconverti dans le conseil à la tête de sa société A&A, Jacques Attali avait suggéré à François Mitterrand de créer une “bibliothèque sans livres” pour remplacer l’ancienne BnF saturée dans ses locaux de la rue de Richelieu, et a toujours vivement regretté l’abandon de son projet initial à la suite de l’extraordinaire polémique qui a abouti à la construction des quatre tours sur le site de Tolbiac.

Commentaires (14)

Espace réservé aux abonnés

Livres Hebdo a besoin de votre voix. Nous apprécions vos commentaires sur le sujet, vos critiques et votre expertise. Les commentaires sont modérés pour la courtoisie.

Connectez-vous Pas encore abonné ? Abonnez-vous
J

JMD

il y a 7 ans à 17 h 27

Il n'a pas tout à fait tort...


l

lespaul57

il y a 7 ans à 17 h 28

Comment lui donner tort ? Les maisons de disques souffrent aujourd'hui du même mal : avoir laissé passer le train digital ! Quand l'inventeur du MP3 est allé voir Sony Music pour leur vendre le projet de "juke-box mondial" par internet, que lui est-il arrivé ? Ils l'ont poursuivi en justice !! Qui sème la sottise récolte des cerises !


P

Patrick

il y a 7 ans à 20 h 49

Il a raison. Opposer le livre papier avec l'ebook montre une incompréhension d'un monde qui ne reste pas figé. J'attends de pouvoir dans une librairie physique feuilleter des livres, en choisir un et pouvoir l'acheter sur ma liseuse aussi facilement que sur Internet. Les libraires ont intérêt à se rendre vite compte que nous sommes au XXIème siècle, sinon les lendemains seront très douloureux.


F

Frédéric PRUNIER

il y a 7 ans à 21 h 13

la seule solution, que cela soit pour le livre ou pour tout autre commerce, c'est de lutter contre le gigantisme. Comment ? avec le taux de TVA ... énorme et dissuasif pour les structures inhumaines, et insignifiant pour l'indépendant et la petite structure. ( et non une TVA catégorielle)


F

Frédéric PRUNIER

il y a 7 ans à 21 h 15

ce n'est pas le support (papier ou numérique) qui est un problème, c'est l'énormité de la structure (Amazon)


P

Philippe Lutz

il y a 7 ans à 23 h 41

Si vous voulez pouvoir dire des choses intelligentes à ce sujet, lisez le bouquin d'Olivier Larizza "La querelle des livres". Et on en reparlera.


y

yves lemoine

il y a 7 ans à 07 h 30

Bien que n'étant pas spécialement ami des politiques j'adhère totalement aux propos de Jacques Attali. Je ne suis auteur que d'une petite quinzaine de livres mais j'appartiens depuis plus de quarante ans à la grande famille du livre et pense avoir à dire sur ce sujet...Je trouve aussi assez dommage de voir avec quel acharnement on essaye de combattre un organisme qui, reconnaissons-le, fait quand même un travail considérable en faveur du livre. Que la société Amazon fasse du tort aux libraires c'est totalement regrettable, mais à qui revient la faute ?


l

Patrick

il y a 7 ans à 13 h 35

Cher Monsieur Il est regrettable qu'un auteur ou se disant tel prenne le parti d'une multinationale pirate pratiquant l'évasion fiscale, la vente à perte pour tuer ses concurrents, et qui n'est qu'un vaste "bazar" de produites divers dont des livres en produit d'appel, et où le "travail en faveur du livre se résume à de puissants algorithmes, et à nous inonder de mails publicitaires. Il ne m'étonne donc pas qu'un auteur assez confidentiel, en recherche d'image ou de notoriété, prenne leur défense, cela étant certainement dû à une frustration devant les résultats de ses ventes, dont il incrimine certainement les libraires, coupables de ne pas l'exposer assez, comme tous les auteurs, nombreux, ayant des ventes faibles voire confidentielles. Quant à approuver Monsieur Attali? Sa démonstration est fausse du début à la fin! C'est M je sais tout et j'ai tout prévu! Et les libraires ne deviendront pas des dinosaures, comme affirmé gentiment par un des intervenants, car les livres resteront encore longtemps en papier, ile se vendront aussi sur le net, ce n'est que justice, pour satisfaire la soif de culture et de connaissances des lecteurs, encore nombreux, et nos sites de ventes marchent de mieux en mieux, à mesure que les gens comprennent qui est Amazon, sur quoi ils s’appuient, et ce qu'ils signifient! Quant à l'e-book, nous en vendrons aussi, mais avec le choix d'aller où vous voudrez, et pas d'être les prisonniers de Kindle.


R

Raphaël

il y a 7 ans à 07 h 49

Attali, ou le retour de M. Je Sais Tout... Après son rêve de BNF sans livres, il propose aux libraires de changer de métier...


P

Patrick

il y a 7 ans à 11 h 40

Non, il leur propose de ne pas devenir des dinosaures


Y

Y

il y a 7 ans à 15 h 11

Ils changeront de gré ou de force vous savez? Quand un libraire par ville sera suffisant pour contenter des 50 nostalgiques qui n'aiment pas la Fnac le reste de la profession ira pointer chez Paul...


M

Marc Louboutin

il y a 7 ans à 10 h 45

Je suis très loin d'être "fan" de Monsieur Attali. Mais pour le coup, non seulement c'est un reflet de la réalité, mais en plus Amazon fut encouragé par des aides à l'installation et par un accord commercial avec la Poste. Quant aux professionnels du livre, ils se battent pour préserver le système économique actuel (en préservant leurs marges le plus longtemps possible) avec l'aide active de l’État en écartant les acteurs numériques et en organisant ce marché dans l'attente qu'il ne soit rentable essentiellement pour les acteurs traditionnels de la chaîne du livre quand il sera porteur. Ce n'est donc pas un manque de vision, mais bien la maîtrise d'une transition pour qu'elle soit le plus rentable à la très française chaîne traditionnelle du livre. N'en reste pas moins que cette "vision globale" est très floue et absolument pas en phase avec la réalité des possibilités numériques. Sauf pour les grands groupes d'édition qui savent exactement où ils veulent en arriver, aidés par le Ministère de la Culture. Avec les trahisons commerciales prévisibles qui iront de pair...Notamment envers les libraires, alliés aujourd'hui des géants du secteur, sacrifiés sans doute demain par les mêmes.


h

hervé

il y a 7 ans à 16 h 28

..... Monsieur Attali vit avec son temps.....Il reste dans le mouvement et assène ses vérités comme autant de dogmes...qui se vérifient rarement...Quel rapport entre la BNF et les éditeurs ?.....Ce monsieur raisonne comme il se doit pour sans cesse vouloir anticiper l'histoire et se dresser sur ses ergots de visionnaire..... Amazone n'est pas un oeuvre de philanthropie visant à répandre la culture...Ca n'est que du commerce et vouloir avoir accès à tout sans cesse est un leurre qui nous mène bien là où nous sommes......Le numérique n'apporte, pour le commun des mortels, qu'un burnout neuronal qui nous fait passer à côté de l'essentiel.......Je pense que trop, c'est trop...Et que nous ne sommes pas sur terre pour emmagasiner tout ce qui passe à notre portée....Ca ne mène nulle part, cette course...


l

Patrick

il y a 7 ans à 13 h 14

Cher Monsieur Attali Nous nous inscrivons en faux contre certaines de vos affirmations; Le projet de "grande bibliothèque " est du ressort des pouvoirs publics, pas du monde du livre, Auteurs éditeurs, libraires. Un projet de concurrence à Amazon a bien vu le jour mais a avorté, plombé par sa faible pertinence face à un géant multinational et pirate, qui utilise toutes les ficelles, et moyens possibles pour tuer le marché , s'installer en pratiquant la vente à perte déguisée, l'évasion fiscale, avec le blanc seing de nos politiques et de l'Europe, faible, voire inexistante face aux magouilles des multinationales. De plus AMZN est un "bazar multi-produits" que le monde du livre ne peut reproduire, vos affirmation et accusations sont donc sans fondement, Quant au numérique, nous savons vos intérêts dans cette évolution, mais les lecteurs décident et, en France, n'aiment pas la lecture sur écran, donc le papier a encore de beaux jours devant lui, et vos souhaits de nous voir transformés en animateurs de conférences, garderies d'enfants, dépôt de paquets, ou tout autre projet d'activité "salvatrice" ne nous conviennent pas pour le moment, car nous vendons et conseillons des livres, dont les vôtres d'ailleurs, et la vente de lessive resta pour après ma mort! Recevez cher Monsieur Attali, l'assurance de ma haute considération, et sidération devant vos propos. Amicalement PB


On vous
RECOMMANDE

Les dernières
actualités