Le prix Senghor du premier roman francophone et francophile distingue cette année Jocelyn Danga pour Né sur des pissenlits (Elyzad), premier roman de cet auteur né en République démocratique du Congo et installé à Chambéry.
Dans ce livre, Muntu, professeur de philosophie à Kinshasa, découvre un matin son lycée désert. Par devoir, il fait cours à une salle vide, avant d’errer dans la capitale congolaise et de croiser John, un ami fonctionnaire au train de vie plus assuré. Une nuit d’ivresse amorce sa déchéance. Un arrangement avec John le conduit ensuite à Metz, où il se rend pour un colloque international. Après avoir perdu son emploi, Muntu tente de demeurer en France, mais ses démarches échouent et le font basculer dans l’illégalité. Le roman suit ainsi un parcours d’exil, entre désillusion administrative, déclassement et regard distancié sur les conditions de vie des migrants.
Né en 1993, Jocelyn Danga est également l’auteur d’une dizaine de pièces de théâtre et de nouvelles. Il a remporté la médaille d’or au concours Littérature, nouvelles, des Jeux de la Francophonie 2023. En juillet 2024, une lecture de sa pièce Ne t’étonne pas si ma lettre sent le sel a été présentée au Festival d’Avignon.
Deux prix spéciaux
Le palmarès 2026 distingue aussi deux autres premiers romans. La mention spéciale du jury revient à Emilia Petrakis pour Bagarre. Le livre met en scène Sara Fereira, 38 ans, qui s’entraîne chaque soir à l’Alpha Team, dans la banlieue nord de Paris. Après la perte d’un combat décisif de MMA, elle affronte ses doutes et les blessures du passé, entourée par son coach, les membres du club et l’arrivée d’Amandine au cours des MMA Girls.
La mention spéciale du public est attribuée à Danielle Laurin pour L’autre Camille. Le roman suit Camille, partagée entre Montréal et Paris, jusqu’à ce qu’un équilibre apparemment heureux soit rompu par des agressions et des manipulations venues d’hommes qu’elle croyait alliés.
Une distinction dédiée aux primo-romanciers
Créé en 2006 à l’occasion du centenaire de la naissance de Léopold Sédar Senghor, le prix Senghor distingue un premier roman d’expression française. Organisé par l’association La Plume noire, il entend encourager de nouveaux écrivains à faire de la langue française un espace de création partagé et de dialogue entre les cultures. Il est doté de 2 000 euros.
Jocelyn Danga succède à Catherine Perreault, récompensée en 2025 pour L’élu, publié aux éditions du Quartz puis chez Philippe Rey.
Remise à Paris le 15 octobre
La remise officielle du prix Senghor 2026 se tiendra le jeudi 15 octobre, de 19 heures à 22 heures, au Standard Café Rive Gauche (Paris, VIe).
Le jury 2026 est présidé par Balla Fofana, écrivain et journaliste. Il réunit Emma Callegarin, responsable de la programmation Lettres au Centre Wallonie-Bruxelles, Isabelle Colin, responsable de la bibliothèque Germaine-Tillion et conservatrice au réseau des bibliothèques de la Ville de Paris, Nicolas Forest, bibliothécaire à la médiathèque Landowski de Boulogne-Billancourt, Lise Gauvin, universitaire, autrice et critique littéraire au Québec, Caroline Moulin-Schwartz, modératrice de débats littéraires, Élisabeth Lesne, éditrice et agent littéraire, Tchisseka Lobelt, ancienne directrice du livre et de la lecture de la collectivité territoriale de Guyane, Dominique Loubao, ingénieure interculturelle et responsable du prix Senghor, ainsi que Carine Saint Medar, journaliste culture et littérature au Point.