6 janvier > Album jeunesse France

Jamais écrivain n’a paru plus éloigné de la littérature jeunesse que le ténébreux Franz Kafka ! Pourtant sa fiancée Dora raconte dans ses Mémoires sa rencontre à la fin de sa vie avec une petite fille pour qui il aurait écrit des lettres. En ce doux mois de novembre, le soleil revient "comme s’il avait oublié quelque chose". Dans les allées d’un parc, Franz, qui s’essouffle et tousse, s’appuie au bras de sa fiancée Dora qui "rayonne", amoureuse. Soudain au détour d’une allée surgit la petite Ingrid, avec ses cheveux coupés très courts. La fillette pleure sa poupée disparue. Aussitôt Franz dément : elle n’est pas partie pour toujours, elle est seulement en voyage ! La preuve, elle lui a écrit une lettre. Hum… Ingrid demande à voir. Qu’à cela ne tienne, la nuit même Franz concocte une lettre de la poupée à Ingrid. La tâche a dû être rude, les poupées n’étant pas franchement la tasse de thé littéraire ou métaphysique de Kafka. Mais à l’impossible les grands écrivains sont tenus. Le lendemain il lit sa lettre à Ingrid qui en redemande. Peu à peu la fillette retrouve le sourire. Quant à Franz, lui toujours si insatisfait de ses livres, pour une fois il a le sentiment que son écriture a pu changer une vie. Seulement voilà, il tousse de plus en plus…

Un album qui nous plonge dans la douceur des rues de Berlin dans les années 1920 avec ses Konditorei et ses Buchdruckerei. Une belle histoire tout en pudeur écrite par Didier Lévy et illustrée à l’aquarelle délicate par Tiziana Romanin. Fabienne Jacob

Didier Lévy et Tiziana Romanin
Franz, Dora, la petite fille et sa poupée
Sarbacane
Tirage : 4 000, ex.
Prix : 15,90 euros ; 40 p. Coul.
ISBN : 978-2-84865-841-4

Commentaires (0)

Espace réservé aux abonnés

Livres Hebdo a besoin de votre voix. Nous apprécions vos commentaires sur le sujet, vos critiques et votre expertise. Les commentaires sont modérés pour la courtoisie.

Connectez-vous Pas encore abonné ? Abonnez-vous

On vous
RECOMMANDE

Les dernières
actualités