La bibliothèque des cheminots va-t-elle disparaître ? Ce service, qui dépend du Comité central du groupe public ferroviaire, permet à ces travailleurs aux horaires parfois décalés de recevoir leur sélection de livres par colis (5 500 habituellement chaque année) au plus près de leur lieu d’exercice (gare, bureau, centre technique…).
Fin du courrier interne
« Ces colis étaient jusque-là transportés en même temps que le courrier interne, service qui disparaît le 31 décembre », pointe Laura Michel, responsable de la Bibliothèque centrale de prêt par correspondance (BCPC), gérée par une équipe de neuf bibliothécaires au sein du Service du Livre et des Bibliothèques constitué de 25 employés.
Si les livres peuvent être acheminés autrement, les bibliothécaires se demandent dans quelles conditions. « Ce n’est pas pareil si le colis met une semaine à arriver ou trois mois », balaie Nicolas Garcia, responsable du Service du Livre et des Bibliothèques. Contactée, la SNCF n’a pas donné suite à nos sollicitations.
Détérioration depuis le Covid
La détérioration du service a déjà commencé, l'acheminement du courrier réduisant progressivement la voilure depuis le début de l’année. Selon Laura Michel, « en ce moment, les livres sont acheminés tous les un à trois mois. Avant, les délais pour le lecteur étaient de trois jours à une semaine. »
Un « avant » que la bibliothécaire situe avant la pandémie du Covid. « Des habitudes de restrictions y ont été prises et perdurent. Les fréquences de passage ont baissé et on a vu 30, puis 50 et encore d’autres points de desserte qui disparaissaient du jour au lendemain, et qui n’ont pas été rétablis », assure-t-elle, chiffrant 2 200 points de desserte avant Covid, réduits à 1 500 en 2025.
Rétrécissement du réseau SNCF
Un amincissement du trafic que Nicolas Garcia impute également à la réduction du maillage du réseau ferré national. En 2025, la SNCF indiquait que 4 000 km de lignes étaient menacées à l'horizon 2028-2030, et potentiellement 10 000 km dans les dix ans si les investissements stagnent.
Et comme le souligne Laura Michel, « pour les gares qui demeurent, il n’y a parfois plus de guichets ni d’agents. Or, on a besoin de relais humains pour transmettre les livres. Peut-être des casiers ? On se tient à la disposition de la SNCF s’ils souhaitent en mettre en place. »
Manifestation le 22 octobre
La co-secrétaire de la section des syndiqués CGT du Service du Livre et des Bibliothèques appelle à un rassemblement ce jeudi 22 octobre à midi à la Gare de Lyon « pour exiger de la SNCF l’ouverture du dialogue et l’élaboration d’une solution viable, en conformité avec ses engagements, au bénéfice de l’ensemble des salariés cheminots, actifs et retraités, et de leurs familles ».
