Numérique

A la veille du salon Livre Paris, la réouverture dans le Quartier latin d’une librairie des Presses universitaires de France (Puf) équipée d’une Espresso book machine (EBM) a valu une fabuleuse exposition médiatique à la maison d’édition. Le service de presse a comptabilisé des dizaines d’articles, en France et à l’étranger, du Japon à l’Amérique latine, en passant par les Etats-Unis. "La date, le lieu et l’implantation de ce système d’impression à la demande (IAD) n’étaient pas totalement fortuits" note Frédéric Mériot. Ravi du coup qui dépasse toutes ses espérances de succès, le directeur général des Puf n’a pas ménagé son temps pour répondre aux interviews.

"Le nom des Puf, de ce quartier de Paris et cet élément d’innovation sont entrés en résonnance", analyse-t-il. Il avait testé le pouvoir de fascination du spectacle de la fabrication d’un livre au salon du livre 2014 : installé sur le stand, cet assemblage d’imprimantes, de massicot et d’encolleuse aux allures de prototype avec ses parois vitrées avait battu des records de fréquentation, attirant même le Président de la République et son Premier ministre.

Au 60 de la rue Monsieur-le-Prince, à quelques dizaines de mètre de la librairie historique maintenant occupée par Nike, les deux premiers samedi suivant l’inauguration ont été presque ingérables, tant l’affluence était grande.

Maintenant, une trentaine de livres sont fabriqués quotidiennement, dont la moitié de Que-Sais-Je. "C’est bien plus que ce que nous avions prévu", insiste Frédéric Mériot. Avec sa relative lenteur (au moins six minutes pour un QSJ) et sa gâche de papier importante, l’EBM ne révolutionnera pas la fabrication du livre. Prudent, l’éditeur ne la loue pas pour un prix fixe, mais verse un pourcentage sur chaque exemplaire. Et la librairie, d’abord un lieu d’exposition et de conférence, appartient à la Semaest, société d’économie mixte de la ville de Paris créée pour maintenir un réseau d’entreprises culturelles face aux marques de prêt-à-porter qui ont envahi le Quartier latin.

La vraie économie de l’IAD se trouve dans le fonds remis en marché, fabriqué chez un vrai imprimeur. "Nous avons maintenant 2000 titres, d’une vente moyenne de 15 à 20 exemplaires" précise Frédéric Mériot. Soit 30 à 40 000 volumes par an, l’équivalent d’un best seller pour la maison, qui équilibre ses comptes depuis juin 2015. Et la publication le 11 mai du livre du Nobel d’économie Jean Tirole lui en apportera un autre. Hervé Hugueny


08.04 2016

Auteur cité

Commentaires (0)

Espace réservé aux abonnés

Livres Hebdo a besoin de votre voix. Nous apprécions vos commentaires sur le sujet, vos critiques et votre expertise. Les commentaires sont modérés pour la courtoisie.

Connectez-vous Pas encore abonné ? Abonnez-vous

On vous
RECOMMANDE

Les dernières
actualités