Concurrence

L'Autorité de la concurrence pose ses conditions au rachat de Darty par la Fnac

L'Autorité de la concurrence pose ses conditions au rachat de Darty par la Fnac

6 magasins devront être cédés pour maintenir une concurrence effective sur le marché de la distribution au détail de produits électroniques à Paris et en région parisienne : une Fnac et cinq Darty.

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Par Vincy Thomas,
Créé le 18.07.2016 à 18h51,
Mis à jour le 18.07.2016 à 19h19

Dans un avis rendu le 18 juillet, l'Autorité de la concurrence autorise le rachat du groupe Darty par le groupe Fnac, à condition que six magasins à Paris et en région parisienne soient cédés. La Fnac avait proposé une offre valorisant Darty à 1,2 milliard d'euros le 26 avril dernier.

Il s'agit des magasins Darty du boulevard de Belleville, du Centre commercial Italie 2, de l'avenue de Saint-Ouen, de l'avenue de Wagram, tous à Paris, ainsi que du Darty situé dans le centre-commercial Vélizy II en périphérie parisienne. Par ailleurs, la Fnac du centre commercial Beaugrenelle (Paris XVe) devra aussi être cédée. Afin que l'acquisition soit agréé, l'Autorité "s'assurera que le repreneur d'un ou de plusieurs magasins cédé(s) soit un distributeur présent dans le même secteur d'activité susceptible d'exercer une pression concurrentielle suffisante sur le groupe Fnac dans la zone considérée." Elle précise qu'il devra s'agir d'un changement d'enseigne et non pas d'une fermeture de magasin.

Au total, les deux enseignes réunies regroupent près de 430 magasins.

Une analyse au niveau numérique et au niveau local

L'Autorité précise, que pour la première fois, elle a défini un marché en incluant les canaux de distribution en ligne et en magasins sur l'ensemble des produits bruns et produits gris. L'institution "estime en effet que la pression concurrentielle de la vente en ligne est devenue suffisamment importante pour être intégrée dans le marché pertinent, qu'elle émane de « pure players » (comme Amazon ou Cdiscount, par exemple) ou bien des sites internet des enseignes de distribution classiques qui prolongent leurs ventes physiques en magasins." Cependant, "s'agissant du rapprochement des deux principaux réseaux de distribution physiques sur un marché où plus de 7 Français sur 10 continuent à se rendre en magasins pour effectuer leurs achats en produits électroniques, l'analyse des effets de l'opération a été conduite sur des marchés de dimension locale." 

Suffisamment d'alternatives en Province

Ce qui explique pourquoi le groupe n'a pas à céder de magasins en Province: "dans l'intégralité des marchés locaux situés en province, le consommateur disposera, outre l'offre en ligne de « pure players » tels qu'Amazon ou Cdiscount, de plusieurs alternatives constituées par des grandes surfaces spécialisées telles que Boulanger, des grandes surfaces alimentaires avec d'importants rayons de produits électroniques, ou des spécialistes en produits bruns ou en produits gris. Malgré des parts de marché parfois élevées, le groupe Fnac restera donc confronté à une pression concurrentielle sensible en province."

Le modèle de synergie validé

Enfin, validant ainsi le modèle de synergie défendu par le groupe Fnac lors du rachat de Darty, l'Autorité de la concurrence a écarté "tout risque de création ou de renforcement de dépendance économique des fournisseurs. Les fabricants de produits électroniques sont, pour la plupart, des groupes de dimension mondiale qui jouissent d'un fort pouvoir de négociation. Ils disposeront en outre de débouchés alternatifs suffisants pour la distribution de leurs produits en France à l'issue de l'opération."

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