Francfort 2013

La part des ventes de livres sur Internet, papier et numérique, atteint maintenant 42% aux Etats-Unis, et 37% au Royaume-Uni, selon un des nombreux graphiques projeté par Russ Grandinetti, vice-président d’Amazon pour les contenus sur le Kindle, lors de son intervention au début de Publishers Launch, une des conférences précédant l’ouverture de la foire de Francfort.

Le cybermarchand a fortement contribué à cette évolution dont il est le premier à profiter, et qui s’étendra à tous les autres bassins linguistiques, via cette fois le livre numérique: son démarrage est encore plus rapide au vu des ventes d’Amazon en Allemagne et au Japon, deux pays où le prix du livre est réglementé. Les courbes projetées ne précisaient toutefois aucun chiffre ni aucune échelle permettant de mesurer le volume de circulation de fichiers, ou encore la proportion de gratuits ou de livres à très faible prix.
Globalement la vente sur Internet est plus efficace selon le représentant d’Amazon, y compris pour le livre papier, mais plus encore pour le numérique, selon les citations de patrons de groupes d’édition américains se félicitant de la progression de leur rentabilité, en raison de la proportion grandissante d’ebooks dans leurs chiffres d’affaires.

Vente de livres numériques en voie de globalisation

Les éditeurs ont donc intérêt à convertir tout leur catalogue en numérique, et tout particulièrement leurs best sellers. Aux Etats-Unis, c’est fait: 98% de la liste des 1000 premiers auteurs du classement des ventes de livres papier ont au moins aussi un livre disponible au format Kindle, contre 89% en Allemagne, 71% en France, et 46% en Espagne.

Des graphiques montrent d’impressionnantes progressions mais sans aucun chiffre ni aucune échelle
D’autre part, la vente de livres numérique est en voie de globalisation: des graphiques montrent d’impressionnantes progressions de la diffusion des ebooks anglais dans les pays non anglophones, et inversement – mais toujours sans aucun chiffre ni aucune échelle. Quelques données sont plus précises: 77% des livres espagnols sont disponibles aux Etats-Unis, 51% des livres allemands, 25% des italiens, mais 5% seulement des français, ce qui est une grande opportunité de vente ratée, selon le vice président chargé des contenus sur le Kindle, qui n’indique pas les conditions que propose Amazon aux éditeurs.
Le livre est toutefois soumis à une rude concurrence de l’attention sur Internet et dans l’univers numérique, d’abord en raison de la masse de ce qui est disponible, et ensuite face à tous les autres loisirs – jeux et vidéos en tête.

La solution, c’est donc une tarification adaptée, avec des prix numériques très sensiblement moins chers que ceux du papier sans quoi les internautes reprendront leur partie d’Angry birds (1) explique Russ Grandinetti, qui en 2009 avait attiré l’attention du ministère américain de la Justice sur des soupçons d’entente tarifaire entre Apple et cinq des grands groupes d’édition américains, provoquant un procès encore en cours. Pour montrer ce qu’il ne faut pas faire selon lui, il a projeté une capture d’un livre français (Un avion sans elle, Michel Bussi, Pocket), deux fois plus cher en Kindle qu’en poche. Les promotions quotidiennes et tournantes («daily deal») permettraient en revanche de doper les ventes des titres concernés, qui en conserveraient l’avantage encore un mois après, selon une courbe toujours sans échelle.


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