7 mai > Roman France

Des vies pareilles ne peuvent qu’inspirer des hommages exaltés. Et celle de Louise Michel, "la Vierge rouge", l’égérie de la Commune de Paris, ne pouvait manquer de toucher la fibre libertaire du poète Henri Gougaud. La prose vibrante du conteur sied bien à la vie passionnée de cette héroïne insolente, enragée, de cette femme qui avait "mal aux autres", comme le dit simplement et joliment son adorateur.

Henri Gougaud- Photo VALÉRIE MÉNARD/ALBIN MICHEL

Le roman de Louise ressemble moins à une biographie complète qu’à une geste : très incarnée, restituant une Louise M. vivante et animée d’une inextinguible soif de justice, cette chanson célèbre un long parcours d’engagements - Louise Michel est morte peu avant ses 75 ans, en 1905. Henri Gougaud loue sa Louise, la bâtarde du château de Vroncourt, en Haute-Marne, où l’insoumise est née, enfant de la servante et du fils de la famille. Il déploie au présent ce destin, parcourant dans l’ordre les épisodes les plus connus, les plus publics : son implication, alors qu’elle avait déjà 40 ans, dans les événements de 1870, quand "jour et nuit dans Paris on tue comme à la chasse", la déportation en Nouvelle-Calédonie, où elle deviendra anarchiste, la prison encore, plus tard. Mais l’écrivain mêle aussi les passions intimes, notamment l’amour de Louise pour le communard Théophile Ferré, la "furibonde obsession" d’arracher à la mort son camarade de combat, qui sera exécuté en 1871. C’est une Louise qui parle, toise, apostrophe, rue, écrit aussi, sans cesse, des poèmes surtout puisque "la poésie seule sait braver le mal et la mort. Elle est semblable au vent qui use peu à peu la dureté du monde", croit cette admiratrice de Victor Hugo. Des "ouvrages, observe Gougaud, aujourd’hui presque tous perdus, Le livre des morts, La conscience et La femme à travers les âges dont il reste quelques fragments". Pas tout à fait perdus, puisque d’autres poètes continuent de relayer leur esprit frondeur. V. R.

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