Le gouvernement turc détruit plus de 300000 livres | Livres Hebdo

Par Vincy Thomas, avec The Guardian, le 08.08.2019 à 16h38 (mis à jour le 09.08.2019 à 12h15) Turquie

Le gouvernement turc détruit plus de 300000 livres

Le ministre de l'Education a confirmé que le gouvernement turc avait détruit plus de 300 000 ouvrages en rapport avec Fethullah Gülen, l'opposant au chef de l'Etat, Recep Tayyip Erdogan.

Le quotidien britannique The Guardian a révélé que le gouvernement truc avait détruit, notamment dans les bibliothèques et différentes institutions, 300878 livres dans le but d'éliminer totalement la trace de Fethullah Gülen, opposant principal du président Recep Tayyip Erdogan. Ce dernier accuse Gülen, exilé aux Etats-Unis, d'avoir fomenté le coup d'état manqué de juillet 2016.

Dans une réponse à un député lors des questions parlementaires, Ziya Selçuk, le ministre de l'Education turc, a affirmé qu'il ne s'agissait "que" des livres liés à cet ennemi politique du chef de l'Etat turc, mais plusieurs associations contestent cette version et expliquent que la destruction des ouvrages va bien au-delà. Pen International a notamment déclaré : "En trois ans à peine, le paysage éditorial turc a été pratiquement décimé, avec la fermeture de plus d’un quart des maisons d’édition pour "diffusion de propagande terroriste". L’organisation dénonce une grave crise de la liberté intellectuelle et de la liberté d’expression.

Le fondateur du mouvement Hizmet est une cible politique du gouvernement depuis trois ans. En décembre 2016, le journal BirGün avait annoncé que 1,8 million de manuels scolaires de sixième avaient été retirés car ils faisaient mention de la Pennsylvanie, état des USA où Gülen est réfugié. Les rues Gulen ont même été rebaptisées dans tout le pays.

Près de 30 maisons d'édition ont cessé leur activité. Plusieurs écrivains, éditeurs et intellectuels ont été emprisonnés. Cependant les récentes décisions de justice ont annulé de nombreuses peines ou conduit à la libération de certains d'entre eux, dans un contexte politique où Erdogan a été fragilisé quand, en juin, son parti a perdu la mairie d'Istanbul.

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