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Le "Journal d'Anne Frank" ne tombera pas dans le domaine public en 2016

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Le "Journal d'Anne Frank" ne tombera pas dans le domaine public en 2016

Alors qu'une œuvre est censée tomber dans le domaine public 70 ans après la mort de son auteur, le Fonds Anne Frank de Bâle rappelle dans un communiqué transmis à Livres Hebdo que le célèbre Journal (Calmann-Lévy et Livre de poche) de la jeune fille juive, morte en mars 1945, bénéficie du régime des œuvres posthumes et reste protégé.

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Par Marine Durand
Créé le 06.10.2015 à 20h37 ,
Mis à jour le 07.10.2015 à 11h23

Le Journal d'Anne Frank ne tombera pas dans le domaine public au 1er janvier 2016 comme le voudrait le droit de la propriété intellectuelle en France, rappelle le Fonds Anne Frank de Bâle dans un communiqué transmis à Livres Hebdo, mardi 6 octobre, expliquant que l'œuvre de la jeune fille juive allemande répondait à une exception.

"Si la règle générale est celle des 70 ans pma ('post mortem autoris'), de nombreuses exceptions existent telles que celles relatives aux œuvres posthumes ou aux œuvres composites, rappelle le Fonds Anne Frank. Si Anne Frank est décédée en mars 1945, les différentes versions de son journal restent pourtant soumises à protection en France, comme dans de nombreux autres pays, et donc à autorisation préalable du Fonds Anne Frank."

Le Journal d'Anne Frank, écrit par la jeune fille de 13 ans entre juin 1942 et août 1944 alors qu'elle se cachait avec sa famille à Amsterdam, a été publié pour la première fois en néerlandais par son père, Otto Frank, en 1947, et traduit en plus de 70 langues, dont le français chez Calmann-Léyy en mai 1950. Plusieurs versions de l'œuvre ont été éditées par la suite, certaines se basant sur les écrits originaux d'Anne Frank, d'autres sur les travaux de l'auteure allemande Mirjam Pressler. Mais toutes aujourd'hui restent protégées, comme le détaille le Fonds Anne Frank.

"Les versions du Journal telles que réalisées par Anne Frank elle-même n’ont été publiées que dans les années 1980, après son décès, et à ce titre bénéficient du régime des œuvres posthumes, et notamment du régime antérieur plus favorable ne faisant courir la durée de protection de 50 ans qu’à partir de la date de la première publication, soit bien au-delà de 2015. Il en est de même des versions du Journal réalisées par Otto Frank ou par Mirjam Pressler dont les droits appartiennent également au Fonds Anne Frank, sur la base cette fois des règles applicables aux œuvres composites, au regard du travail très important de ces personnes sur ces éditions. Ces deux versions restent ainsi encore protégées pour longtemps, Otto Frank étant décédé en 1980 et Mme Mirjam Pressler vivant actuellement en Allemagne."

Les seules éditions actuellement autorisées par le Fonds Anne Frank dans leur traduction française –elles-mêmes protégées indépendamment de l’œuvre d’origine, précise le communiqué– sont disponibles chez Calmann-Lévy pour le grand format, et au Livre de poche pour le format poche.

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