Le marché italien toujours en baisse en 2013 | Livres Hebdo

Par Claude Combet, le 08.10.2014 à 18h43 (mis à jour le 08.10.2014 à 19h24) ITALIE

Le marché italien toujours en baisse en 2013

Librairie à Bologne, en Italie. - Photo © LH

Face à la crise qui transforme profondément le marché du livre imprimé en Italie, l’association des éditeurs italiens table sur l’essor du livre numérique

Après "2012, annus horribilis", l’Association des éditeurs italiens (AIE) a annoncé à nouveau un marché du livre 2013 en baisse de 6,8% et “une transformation et une réorganisation du marché dues à la crise, et une perturbation durable due au numérique, comme partout dans le monde”, lors de l’habituelle conférence de presse à Francfort le mercredi 8 octobre.  

Le marché du livre italien est en baisse de 6,8% avec un chiffre d’affaires de 2,66 milliards d’euros, tous les secteurs enregistrant une baisse du chiffre d’affaires et du tirage moyen, à l’exception de la jeunesse et des jeunes adultes : –5,4% pour les romans, –4,2% pour les essais et les documents, les derniers de la classe étant les ouvrages professionnels (–8,6%) et les pratiques (–13,2%).

Les librairies indépendantes perdent des parts de marché et passent de 78,6% en 2010 à 72,7% en 2013 tandis que les chaînes enregistrent plutôt une hausse, comme les librairies en ligne qui, de 5,1% du marché en 2010, grimpent à 12% en 2013.

Production en baisse

En réponse, les éditeurs ont produit moins de titres (–4,1%), soit 64000 titres publiés en 2013.

Pourtant, “dans ce contexte à la baisse, le marché numérique continue de croître”, souligne l’AIE, qui veut apporter une touche d'optimisme. L’association annonce 30382 nouveautés numériques en 2013, soit 40800 titres disponibles (contre 28500 en 2012). Les ventes numériques représentent désormais 3% du marché total du livre italien (contre 2% en 2012) pour un chiffre d’affaires qui reste modeste de 40 millions d’euros, en croissance de 55,9% entre 2012 et 2013. L’AIE insiste aussi sur la TVA discriminatoire pour le livre numérique au taux de 22%, au lieu de 4% pour le livre imprimé, un combat dans lequel les Italiens entendent entraîner l’ensemble des éditeurs européens, comme l’a expliqué Dario Frenceschini, ministre de la Culture et du Tourisme lors d’une conférence de presse à Francfort.

Hausse des cessions de droits

Parallèlement l’AIE insiste aussi sur l’augmentation des cessions de droits : +7,3% avec 4597 titres vendus aux éditeurs étrangers ; et sur l’export (+2,6%). Par contre, les maisons italiennes achètent moins de titres : autour de 9000 en 2013, en baisse de 2,3% par rapport à 2012. Les traductions sont aussi en baisse (–17,9%), mais restent majoritairement des traductions de l’anglais (à 60,6%), représentant 72% des volumes imprimés et distribués en librairie, suivies du français, de l’allemand et de l’espagnol.

Pour les huit premiers mois de 2014, Nielsen confirme les mêmes tendances négatives du marché italien : –6,6% en valeur soit –33,7 millions d’euros pour la même période en 2013 et –9% en volume (–3,7 millions d’exemplaires vendus en moins par rapport aux huit premiers mois de 2013), avec –7,5 % pour les librairies indépendantes. Tandis que le nombre de titres numériques est en hausse de 86,9% entre janvier et mai 2014 (par rapport à janvier-mai 2013) et le marché numérique devrait afficher une hausse de +5% à +7 %.
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