Fondé par Lloyd Chéry, rédacteur en chef adjoint du magazine Métal Hurlant, le prix de la BD SF a récompensé deux albums à l'issue d'une délibération tenue le 26 avril : Idéal, de Baptiste Chaubard et Thomas Hayman (éditions Sarbacane), et Silent Jenny, de Mathieu Bablet (éditions Label 619), désignés parmi vingt titres en lice.
Le jury, présidé par Vincent Eches, directeur de la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image d'Angoulême, départageait des albums répartis sur deux années éditoriales. Chaque lauréat reçoit une dotation de 500 euros. Pour rappel, le prix réunit cette année ses éditions 2024 et 2025 après une année d'interruption consacrée par son fondateur à l'organisation de l'exposition Plus Loin, la Nouvelle Science-Fiction, présentée à Angoulême en 2025.
La sélection BD SF 2024 :
- Idéal, Baptiste Chaubard et Thomas Hayman (éditions Sarbacane) — lauréat
- L'Héritage Fossile, Philippe Valette (éditions Delcourt) — finaliste
- Le Chant des Possibles, Anaïs Bernabé et Véro Cazot (éditions Dupuis) — finaliste
- La Route, Manu Larcenet (éditions Dargaud)
- 1985, Xavier Coste (éditions Sarbacane)
- Les Yeux Doux, Eric Corbeyran et Michel Colinne (éditions Glénat)
- Ressource, un défi pour l'humanité, Vincent Perriot et Philippe Bihouix (éditions Casterman)
- Lenny, Aurélien Maury (éditions Tannibis)
- Visions, Alex Mandeville (éditions Front Froid)
- Même Echo, Anne Masse (éditions Bubble)
La sélection BD SF 2025 :
- Silent Jenny, Mathieu Bablet (éditions Label 619) — lauréat
- Mimesia, Hugues Micol (éditions Futuropolis) — finaliste
- Inlandsis Inlandsis, Benjamin Adam (éditions Dargaud) — finaliste
- Electric Miles, Bruno et Fabien Nury (éditions Glénat)
- Metropolia, Fred Duval et Ingo Romling (éditions Dargaud)
- Dewi et ses Sœurs, Yann Legendre et Serge Lehman (éditions Albin Michel)
- Hiver Nucléaire, Cab (éditions Steinkis)
- Le Prolongement, Gwendal Bonizec (éditions Casterman)
- Ish et Mima, Naleb (éditions Kinaye)
Composition du jury
- Vincent Eches, directeur de la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image d'Angoulême — président
- Charles Knappek, rédacteur en chef adjoint actualités de Livres Hebdo
- Blaise Mao, rédacteur en chef d'Usbek & Rica
- Marcus Dupont-Besnard, journaliste à Numerama
- 11 auditeurs du podcast, C'est plus que de la SF, fondé par Lloyd Chéry
Estampes japonaises et dark fantasy
Lauréat du prix 2024, Idéal voit Thomas Hayman expliquer l'origine du parti pris graphique : « Mon style d'illustrateur, à l'origine, cherche à travailler les ombres, un peu à la manière de Hopper. Comme c'était compliqué de transposer ce style en bande dessinée, j'ai cherché une nouvelle patte graphique inspirée des estampes japonaises. Baptiste, qui s'en était rendu compte, m'a proposé de transposer le récit au Japon, ce qui a, par la suite, fortement influencé le scénario. »
Baptiste Chaubard, dont c'est le premier album de bande dessinée, évoque quant à lui le processus d'écriture : « J'avais tendance à faire reposer sur mon scénario le sens de l'histoire, son caractère émotionnel. J'écrivais, j'écrivais, et Thomas affinait, enlevait, élaguait. » Pour Hayman, l'expérience a représenté une étape décisive : « À un moment je me suis rendu compte que j'avais besoin de plus d'espace pour raconter ce que j'avais envie de raconter. Du coup, cette bande dessinée a été une vraie libération. »
Lauréat du prix 2025, Silent Jenny voit Mathieu Bablet se dire touché par la distinction : « Savoir qu'un jury la choisit comme lauréat au milieu d'une production 2025 qui était si qualitative me rend très heureux, et me donne envie d'aller encore plus loin pour mon prochain livre. »
L'auteur travaille actuellement sur le tome III de Shin Zero avec Guillaume Singelin, et prépare un prochain one-shot : « une histoire de dark fantasy qui parlera de transmission, et plus précisément du monde qu'on laisse à nos enfants, des thématiques que j'avais commencé à développer dans Silent Jenny. » La cérémonie de remise des prix se tiendra début mai dans une galerie d'art ou une librairie parisienne.