Le 7 mai prochain paraîtra Une autre histoire des cartes de Nepthys Zwer, ouvrage inaugural de la nouvelle collection des Éditions du commun, « Une autre histoire de ». À raison de trois titres par an, cette série entend proposer des relectures historiques de pratiques et de communs populaires. Les thématiques seront variées, des cartes à l’éducation, en passant par une matière plus philosophique, comme la mort.
Dirigée par Sylvain Bertrand, la collection prévoit des tirages compris entre 2 000 et 3 000 exemplaires et une parution annuelle de trois titres. « Nous avions envie de faire une collection avec des textes plus courts, plus accessibles », explique le directeur de collection.
Le savoir à portée de tous
Pensée comme une porte d’entrée vers des ouvrages plus conséquents du catalogue, la collection vise aussi à élargir le lectorat de la maison, selon Sylvain Bertrand : « Nos essais sont, de manière générale, souvent denses et parfois complexes, et cette collection peut constituer une bonne entrée en matière. » Les textes, d’un format resserré (100 à 150 pages), passeront par des angles tels que le féminisme, l’antiracisme ou encore la démocratie énergétique.
« Une autre histoire des cartes peut, par exemple, conduire vers Ceci n’est pas un Atlas de la même autrice ; de même, un volume consacré à la mort pourra orienter vers des textes plus approfondis, mais aussi vers notre collection de poésie. » La maison revendique par ailleurs une politique de prix tout aussi accessible, avec des ouvrages proposés entre 10 et 12 euros.
Une « ouverture émancipatrice »
« Depuis le début, aux Éditions du commun, nous avons à cœur de faire dialoguer les textes entre essais, poésie et littérature du réel… » Ces nouveaux titres mêleront « savoir chaud et savoir froid » : des spécialistes y proposeront des analyses approfondies tout en prenant du recul sur leur propre pratique, précise Sylvain Bertrand. L’ambition est claire : traiter de sujets qui concernent un large public, tout en déplaçant le regard, soit « d’écrire une histoire qui sort des sentiers de l’histoire officielle pour décaler les perspectives et politiser davantage les enjeux. »
Le premier titre de la collection, signé Nepthys Zwer, s’inscrit dans la continuité de ses travaux, comme Ceci n’est pas un Atlas (2023), Pour un spatio-féminisme (2024, Éditions La Découverte) ou encore Contre-cartographie radicale. Explorations (2022, même éditeur). Dans cet ouvrage, l’autrice analyse la manière dont la cartographie a été façonnée par des dominations systémiques et reflète une vision occidentale du monde. « La question est de savoir comment, aujourd’hui, se réapproprier les cartes à partir de luttes féministes, antiracistes… Par exemple, d’un point de vue féministe, il s’agit de représenter les lieux “safe” dans une ville. »
Les prochains titres seront confiés à différents spécialistes. Une autre histoire de l’éducation populaire réunira notamment des sociologues et des acteurs du secteur. Une autre histoire de la mort sera signée Yuna Visentin, au parcours philosophique, déjà publiée aux éditions Divergences. Sont également annoncés Une autre histoire des travailleurs paysans, porté par deux personnes engagées dans les luttes agricoles (prévu au printemps prochain), ainsi qu’un volume consacré à la marche, écrit par une chercheuse ayant travaillé sur ce sujet dans le cadre d’une thèse.
« Ce sont des livres qui peuvent être militants, mais qui constituent surtout, pour nous, une manière de revisiter une histoire officielle souvent écrite du point de vue dominant », souligne l’éditeur. Soucieux de rendre audibles des voix longtemps marginalisées, Sylvain Bertrand affirme vouloir proposer une « ouverture émancipatrice ». S’il reconnaît que ce type de travaux est parfois perçu comme militant, il insiste néanmoins sur leur dimension historique, synthétique, anthropologique et sociologique.
