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Le Web a profondément changé l’édition, qui s’est emparée d’une partie de sa technologie et de ses outils (le format ePub notamment), au point que le travail de publication papier + numérique commence à suivre un seul flux éditorial, mais le processus est loin d’être achevé et rencontre encore de nombreux obstacles. C’est pour discuter de ce rapprochement en cours que le World Wide Web consortium (W3C), qui définit les normes de l’Internet, a créé dans sa terminologie une « activité » consacrée à l’édition numérique. Ce groupe de travail a tenu pour la première fois une réunion à Paris, les 16 et 17 septembre. Elle a rassemblé une cinquantaine d’intervenants (1), dont un tiers de Français, qui ont présenté des contributions sur la gestion des flux éditoriaux via l’Open Web Platform (OWP), qui regroupe les normes de production et de distribution des contenus sur Internet. « Il est important que les professionnels de l’édition participent à ces discussions, expriment leurs questions et leurs avis, afin qu’ils soient transmis aux autres groupes du W3C chargés de définir ces normes », a insisté Ivan Herman, responsable de cette activité Edition numérique, lors d’une synthèse présentée à l’issue des deux journées, avec le bureau français du W3C (hébergé à l’Inria).
Parmi les interventions, celle d’Apple, qui a redemandé « Qu’est-ce qu’un livre ? », a suscité nombre de commentaires. La question est brouillée sur Internet, où l’écrit peut être augmenté de vidéo, d’audio, de programmes interactifs. Le livre devient alors un média global, dans une fusion de multiples contenus.
« Un livre numérique devient ainsi similaire à un site Internet, dans son contenu comme dans les formats et outils numériques qu’il utilise. » C’est bien ce qu’est un fichier ePub, similaire à un site encapsulé. Actialuna a ainsi exposé la contradiction entre un univers éditorial caractérisé par la mise en page fixe, une contrainte dont il a fait un avantage, et celui du Web dont le signe distinctif est le reformatage permanent en fonction du support. O’Reilly a partagé son expérience dans la production (presque) homogène du papier et du numérique. Hachette a expliqué la nécessité d’un traitement sémantique des contenus, à côté de leur définition structurelle (par titres, chapitres, textes, etc.). Ce qui fait écho aux préoccupations du Book Industry Study Group (BISG) concernant l’identification (discoverability) de ces contenus sur Internet, via la nouvelle norme Thema et les métadonnées. Ces dernières font partie des sujets auxquels le groupe de travail du W3C pourrait s’intéresser, a suggéré Ivan Herman.
Hervé Hugueny
(1) Contributions (en anglais) disponibles sur www.w3.org/2012/12/global-publisher/papers.html.
