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Les archives éditoriales : un enjeu patrimonial

Pascal Fouché , L'IMEC - Photo OLIVIER DION

Les archives éditoriales : un enjeu patrimonial

Pascal Fouché est cofondateur et secrétaire du Conseil d'administration de l'Institut Mémoires de l'édition comptemporaine (Imec).

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Créé le 03.01.2020 à 00h00,
Mis à jour le 02.01.2020 à 21h02

Alors que les concentrations se poursuivent, que de nouveaux dirigeants arrivent dans nos métiers et que le groupe Editis emménage dans de nouveaux locaux, il est important de rappeler aux éditeurs que les archives sont à la fois leur patrimoine et leur histoire. Les changements conduisent encore trop souvent à la disparition de pans entiers de leur mémoire. Liées à l'histoire des industries culturelles, les archives de l'édition sont la principale source d'études sur l'histoire de cette profession, mais aussi sur celle des acteurs de la chaîne du livre à commencer par les auteurs.

Comme le disait Monique Nemer, conseillère du président d'Hachette Livre lorsque les archives du groupe ont été classées Monument historique, le passé d'un éditeur est « une référence essentielle, un socle de savoir-faire historiquement avéré qu'il serait à la fois coupable, d'un point de vue patrimonial, et absurde du point de vue du "capital image", de méconnaître ». Mais pour que les archives servent, leur stockage ne suffit pas. Elles doivent être inventoriées et communiquées aux étudiants, universitaires, journalistes, écrivains dont les travaux touchent de près ou de loin ce secteur.

Depuis trente ans, l'Institut Mémoires de l'édition contemporaine a accueilli plus de soixante-dix fonds de maisons d'édition constituant le plus important centre d'archives éditoriales au monde. Les coûts liés au fait de confier des archives à l'Imec ne sont pas plus onéreux que de simples frais de stockage, et la contribution des éditeurs comme Hachette Livre, Le Seuil ou Albin Michel au fonctionnement de l'Institut est, depuis l'origine, une part significative de ses recettes propres. L'État et la Région Normandie, qui le financent, sont très sensibles à cette contribution professionnelle.

Aujourd'hui, alors que le dépôt d'archives par les éditeurs a fait son succès, certains signent même un contrat d'apport qui fait entrer ces archives dans le patrimoine de l'Imec en assurant leur pérennité. Conscient de cet enjeu, c'est notamment le choix qu'a fait Olivier Nora pour les archives historiques de Grasset. Si « la mémoire est l'avenir du passé », selon Paul Valéry, l'absence de mémoire est la négation de l'histoire.

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