Le Forum 2016 de l’impression numérique, organisé le 28 septembre à Paris par Interquest, a donné la mesure de cette technologie, maintenant bien installée. "91 % des éditeurs français l’utilisent", signale Gilles Biscos, président de ce cabinet d’étude et de marketing américain, spécialisé dans la promotion de ce mode de fabrication du livre.
En volume, le numérique ne représente que 10 % du nombre d’exemplaires imprimés, selon l’estimation d’Interquest, en raison de ses spécificités : les presses numériques sont dédiées aux courts tirages et à la fabrication à l’unité, et leur rapport qualité-prix n’est équilibré que dans le livre monochrome.
Il constitue toutefois une "révolution majeure", a souligné Alain Kouck, P-DG d’Editis, en ouverture de cette rencontre, qui réunissait fabricants de matériel, imprimeurs et éditeurs. "L’impression numérique va plus loin qu’un changement de technologie, elle ouvre un champ d’intégration complète qui modifie en profondeur l’organisation des entreprises d’édition", a-t-il précisé. A la pointe dans cette réorganisation, Interforum, filiale de diffusion-distribution du deuxième groupe d’édition français, s’est alliée à la société américaine Epac, qui imprimera 10 millions de volumes directement intégrés dans les flux d’expédition (1).
"Y aura-t-il un marché pour toutes ces machines ?" s’inquiète Frédéric Fabi, P-DG de Dupli Print, un des pionniers de cette technologie, qui craint d’être confronté au problème constant de l’imprimerie : la surcapacité de production, un paradoxe pour un outil devant répondre aux tirages plus ajustés que souhaitent les éditeurs pour réduire leurs stocks. Mais la concurrence entre imprimeurs et l’automatisation de la fabrication, notamment en finition, entraîne une baisse des prix qui encourage à son tour une surproduction de nouveautés chez les éditeurs. Hervé Hugueny
(1) Voir "Interforum, le distributeur qui imprime", LH 1095, du 2.9.2016, p. 38-39.

