Les éditeurs et libraires européens demandent la libération d'Asli Erdogan et de Necmiye Albay | Livres Hebdo

Par Vincy Thomas, le 25.11.2016 à 18h01 (mis à jour le 25.11.2016 à 19h00) Turquie

Les éditeurs et libraires européens demandent la libération d'Asli Erdogan et de Necmiye Albay

Asli Erdogan - Photo DR

La Fédération des éditeurs européens, soutenue par la Fédération européenne des libraires et l'Union internationale des éditeurs, demande l'abandon de toutes les charges contre les deux auteures et leur libération sans condition. Leur procès est fixé au 29 décembre. 

Lors de son assemblée générale le jeudi 24 novembre à Strasbourg, la Fédération des éditeurs européens (FEE), soutenue par la Fédération européenne et internationale des libraires (EIBF) et l'Union internationale des éditeurs (UIE), a exprimé sa vive inquiétude concernant la situation de l'écrivaine Asli Erdogan et de l'auteure et traductrice Necmiye Albay, incarcérées en Turquie. 

La FEE appelle le gouvernement turc à abandonner immédiatement toutes les procédures à l'encontre des deux femmes et à les libérer sans condition, ainsi que tous les autres détenus emprisonnés pour avoir exercé leur droit fondamental de s'exprimer librement.

La FEE et ses partenaires demandent également que les institutions européennes prennent position de manière urgente en faisant pression sur la Turquie, rappelant que la liberté d'expression est un droit fondamental en démocratie: "Ce principe est essentiel au secteur de l'édition et est une valeur non négociable pour la FEE, l'EIBF et l'UIE".

Faux espoir

Mercredi 23 novembre, l'espoir a été de courte durée de voir les deux auteures sortir de prison. Un ordre de libération conditionnelle par un tribunal turc avait été annoncé par plusieurs journaux en Turquie, en France et ailleurs, entraînant une désinformation internationale. En fait seul un des trois chefs d'accusation, l'atteinte à l'Etat et à l'intégrité de l'Etat, n'était plus retenu contre elles.

Cependant, parce qu'elles sont toujours accusées d'appartenance à une organisation terroriste, le PKK (parti des travailleurs du Kurdistan), les deux femmes ont été maintenues dans leur cellule. Asli Erdogan est, selon le gouvernement et la justice turque, coupable d'avoir collaboré dans un journal prokurde. Elle a été arrêtée à la mi-août. Malgré des marques de soutien dans le monde entier et une santé fragile, le régime turc, qui réalise une purge sans précédent dans les milieux intellectuels, médiatiques et éducatifs depuis le coup d'Etat manqué en juillet, est resté inflexible.

Il y a deux semaines, les procureurs ont demandé une peine de prison à perpétuité contre neuf collaborateurs du quotidien d'opposition Cumhuriyet, dont l’écrivaine. Ils étaient alors accusés d'être "membres d'une organisation terroriste armée", d'"atteinte à l'unité de l'Etat et à l'intégrité territoriale du pays" et de« propagande en faveur d'une organisation terroriste".  Seule la deuxième accusation a été abandonnée.

Le procès a été daté et aura lieu le 29 décembre.

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