Si le calendrier annoncé est respecté, les éditeurs scolaires vivront sereinement l’installation des nouveaux programmes concernant toutes les classes, du cours préparatoire à la 3e : aussi bien Françoise Fougeron, directrice générale de Nathan Education, que Mahin Bailly, la nouvelle directrice générale de Magnard-Vuibert, ou encore Pascale Gélébart, directrice du groupement Savoir Livre, sont unanimes après la confirmation donnée lors de l’installation du Conseil supérieur des programmes (CSP), début octobre.
Ce conseil, composé de dix-huit membres, doit sans tarder élaborer le socle commun des connaissances, avant de passer aux programmes, organisés en quatre cycles : apprentissages premiers (maternelle), apprentissages fondamentaux (CP au CE2), consolidation (CM1 à la 6e) et approfondissements (5e,4e et 3e). La mise en œuvre démarrera en 2014, avec la maternelle, «qui ne présente pas d’enjeu en édition de manuels scolaires, mais qui peut justifier des publications d’ouvrages pédagogiques », explique Françoise Fougeron.
La rentrée 2015 marquera le vrai redémarrage de l’activité pour les éditeurs de manuels, avec les programmes pour le CP, le CM1 et la 5e correspondant au début de chacun des cycles 2, 3 et 4. Ils devront avoir été publiés d’ici à l’été prochain, ce qui laissera aux éditeurs le temps de préparer leurs manuels.
Chaque rentrée scolaire, jusqu’en 2017, verra l’application d’une nouvelle tranche de ces programmes, la dernière ayant le plus fort potentiel de ventes, avec la 6e et la 3e, en plus du CE2. Portés par la dynamique d’installation au collège, les manuels du primaire pourraient bénéficier pour une fois d’un intérêt nouveau, si les communes dégagent les budgets nécessaires.
Les éditeurs scolaires vont devoir supporter une nouvelle année creuse, qui était anticipée. Ils mettront à profit les prochains mois pour recruter leurs équipes d’auteurs et de réalisations, explique Mahin Bailly. Ce répit permet aussi de tester des expériences dans le numérique.
Pour les libraires spécialisés, surtout les adjudicataires répondant aux appels d’offres, l’année sera difficile à tenir, car limitée aux achats de remplacements commandés par les établissements. Contrairement au lycée (non concerné par cette réforme), il y a peu d’achats par les familles pour le collège, et donc peu de marchés d’occasion qui assurent habituellement une activité aux libraires, y compris entre les réformes. Hervé Hugueny