20 SEPTEMBRE - ROMAN Etats-Unis

En 2010, on découvrait en France l'univers tendu et lyrique de William Gay, né en 1943 à Hohenwald dans le Tennessee, avec la traduction au Masque de La mort au crépuscule (repris en Folio policier), le troisième et dernier roman, qui fut ensuite couronné par le grand prix de Littérature policière et le prix Mystère de la critique. Ancien soldat de la guerre du Vietnam - il avait ensuite été couvreur, charpentier et peintre en bâtiment -, Gay a disparu en février dernier. Cependant, son éditrice en France, Marie-Caroline Aubert, continue à importer son oeuvre. Voici que paraît son premier roman, La demeure éternelle, qui date de 1999.

Le prologue se déroule en 1933. Charpentier de métier et un peu agriculteur, Nathan Winer est père d'un fils de sept ans, également prénommé Nathan. Bien mal lui a pris d'aller démolir l'alambic de whisky de Dallas Hardin, un odieux personnage. Un soir de pluie où Winer senior se présente chez Hardin, celui-ci le tue et se débarrasse du cadavre.

Dix ans plus tard, Winer junior n'a jamais su ce qui était arrivé à son père, mais n'a jamais cru qu'il était parti de la maison. Ouvrier agricole, le jeune homme manie la pelle, plante et manipule la terre pour gagner deux dollars par jour. Son employeur est un éleveur de volailles, Herman Weiss, qui affirme communiquer sans intermédiaire avec plusieurs chefs d'Etat et prétend avoir inventé le Coca-Cola. Nathan s'est lié d'amitié avec William Tell Oliver, un vieil homme qui habite une maison en planches et lui apprend à distinguer le jellico du ginseng. Nathan va être amené à travailler pour Hardin, une crapule au visage de vautour qui sait qui elle peut manipuler et qui lui résistera. Dans les parages, on note aussi la présence de Grande-Gueule Hodges. Un type aux yeux de farfadet halluciné, qui ne peut s'empêcher de faire le mal où qu'il aille et a "une certaine attirance pour la malchance"...

La demeure éternelle n'est pas un polar. William Gay n'a que faire du suspense, il s'intéresse d'avantage au sentiment tragique de la vie, à la mythologie, tout en sondant les âmes de ses protagonistes. L'Américain confirme ici qu'il était un styliste incroyable ayant l'art de la scène et de l'ambiance, un prosateur tirant le meilleur parti de son décor et des éléments.

16.10 2014

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