Les trois prétendants au Grand prix FIBD 2019 | Livres Hebdo

Par Nicolas Turcev, le 16.01.2019 à 12h31 (mis à jour le 18.01.2019 à 10h13) Prix littéraire

Les trois prétendants au Grand prix FIBD 2019

Rumiko Takahashi - Photo CAPTURE D'ÉCRAN YOUTUBE

Emmanuel Guibert, Rumiko Takahashi et Chris Ware sont nominés pour remporter le Ggrand prix 2019 du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême.

Le français Emmanuel Guibert, la Japonaise Rumiko Takhashi et l’Américain Chris Ware sont en lice pour le grand prix 2019 du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême (FIBD), qui récompense chaque année un auteur de son vivant pour l’ensemble de son œuvre.
 
Les nominés ont été sélectionnés à l’issue d’un vote en ligne qui s’est tenu du 8 au 13 janvier 2019, lors duquel les auteurs de bande dessinée professionnels ont pu voter pour leurs trois illustrateurs favoris. Le même collège d’électeurs votera à nouveau lors du second tour de scrutin qui se déroulera du 16 au 20 janvier pour élire le lauréat qui succèdera au dessinateur et scénariste américain Richard Corben. Son nom sera révélé le 23 janvier à l’occasion de l’ouverture du FIBD.

Né à Paris, Emmanuel Guibert fait ses débuts avec Brune (Albin Michel, 1992), une fresque sur la montée du nazisme qui lui a pris sept ans de travail. Le style de sa première bande dessinée, extrêmement réaliste, jure avec le reste de son œuvre au trait plus léger, comme dans La guerre d’Alan, une série inspirée des souvenirs de son ami Alan Ingram Cope publiée entre 2000 et 2008 chez l’Association et saluée par la critique. Il renouvelle ensuite l’expérience de la fiction biographique avec Le photographe (Dupuis, 2003-2006), plusieurs fois récompensée, puis collabore régulièrement avec Joann Sfar (Les olives noires et La fille du professeur, chez Dupuis). En 2017, il a remporté le prix René-Goscinny.

La mangaka Rumiko Takahashi pourrait faire figure de favorite. Formée par le maître du gekiga Kazuo Oike, la légendaire auteure de shonen a marqué des générations entières avec Maison Ikkoku (Tonkam, plus connu sous le nom de Juliette je t’aime) et Ranma ½ (Glénat). Ses œuvres se sont vendues à plus de 200 millions d’exemplaires dans le monde et, à l’image de son mentor, elle a fait son entrée en 2018 dans le prestigieux Eisner Hall of Fame aux côtés d’Osamu Tezuka, Hayao Miyazaki et Katsuhiro Otomo. Ses histoires teintées de progressisme mettent régulièrement en scène des personnages différents ou marginaux. En cas de victoire, elle serait seulement la seconde femme après Florence Cestac en 2002 à remporter le grand prix FIBD, en 46 éditions. Ce serait aussi la troisième mangaka à être sacrée, après Akira Toriyama en 2013 et Katushiro Otomo en 2015.
 
Chris Ware est né à Omaha, aux Etats-Unis. D’abord publié dans la revue RAW, il commence véritablement à façonner son univers au début des années 1990 avec le début de la publication de sa série Acme Novelty, une "vraie-fausse revue à la forme et à la pagination changeante" qui deviendra sa principale occupation. Les ouvrages de Chris Ware se distinguent par leur générosité et par le soin apporté au dessin et à la mise en scène. Chacun de ses titres suscite les louanges de la critique et de ses pairs, qui lui ont attribué 28 Harvey Awards et 22 Eisner Awards. Il avait également reçu en 2015 le prix spécial du jury du FIBD pour Building stories (Delcourt, 2014), bien qu’une bonne partie de son œuvre reste inédite en France.
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