5 janvier > Roman France > Pierre Raufast

Pierre Raufast est l’une des nouvelles stars du roman français. Ses deux premiers romans chez Alma, La fractale des raviolis et La variante chilienne, parus respectivement en 2014 et 2015, frôlent, chacun, les 10 000 exemplaires. Le premier, repris en Folio en 2015, en est à plus de 30 000 exemplaires vendus. Le deuxième paraîtra dans la même collection en septembre 2017. En attendant, lui qui a débuté dans la "carrière" par des ouvrages de management, dispose d’un site sophistiqué (Raufast.org), où il a su tisser un lien chaleureux et complice avec ses lecteurs. Ainsi, au moment où il entame une tournée dans une trentaine de librairies françaises, a-t-il inventé un "bon pour" son prochain roman, La baleine thébaïde - encore un de ces titres abscons qu’il affectionne, et qui se retiennent bien -, lequel paraît début janvier. Raufast, né en 1973 à Marseille, qui vit et travaille à Clermont-Ferrand, n’est pas un homme du sérail, pas un littéraire (bien que, dans son nouvel opus, on trouve des poèmes de Sully Prudhomme, Gautier, Musset et Lamartine), plutôt un scientifique. Cela se ressent dans son inspiration, originale, farfelue, empreinte d’un bel humour à froid.

La baleine thébaïde conte les aventures drolatiques du jeune Richeville qui, après avoir étudié trois ans à l’Essec de Cergy-Pontoise, ne se voit pas, comme ses condisciples, se lancer dans le business pour faire du fric. Lui, orphelin de père, mère remariée par qui il s’est senti délaissé, est un romantique, un idéaliste. Il choisit l’humanitaire et s’embarque sur un bateau, l’Hirundo, affrété par le Samaritano Institute of Research, un organisme brésilien dirigé par le Dr. Alvarez, un psychopathe nostalgique du nazisme, pour aller trouver et marquer une baleine bleue unique en son genre, surnommée B 52 parce qu’elle émet des ondes hertziennes différentes de celles de ses congénères, et donc impossible à localiser. Richeville est le mousse de l’équipage, et son "responsable scientifique". Le capitaine aux pieds nus s’appelle Eduardo, fils de cordonnier andalou devenu mercenaire. Les autres sont Marc, le play-boy, et Dimitri, le très inquiétant informaticien russe. La baleine enfin repérée, l’Hirundo va en fait la faire exploser, sous les yeux horrifiés du béjaune, qui ne s’en remettra jamais.

Deux ans après, il investira sa part du butin dans Whale Whale Systems, une entreprise de mini-baleines en plastique connectées, pour les piscines californiennes ! Ça marche fort, mais l’affaire est piratée et torpillée par le geek Dimitri : une baleine espionne une star et un politicien en pleins ébats. Scandale et retour en France. Richeville, ruiné et repentant, qui exorcise sa faute en sauvant des crabes de la poissonnerie de son village de Chantebrie, tombe amoureux d’une jolie libraire. Serait-ce le terme de ses ennuis ?

On laissera au lecteur séduit le plaisir de découvrir la fin de ce thriller décalé, imaginé par un écrivain facétieux, talentueux, et, au fond, assez angoissé par le monde moderne. Jean-Claude Perrier

Pierre Raufast
La baleine thébaïde
Alma éditeur
Tirage : 10 000 ex.
Prix : 18,50 euros ; 222 p.
ISBN : 978-2-36279-209-0

11.11 2016

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