Roman/France 5 février Fabienne Kanor

On dit que « la famille s'est sacrée », mais pour Nathan, c'est plus compliqué. Son enfance s'est construite sur une brisure. Il a quitté Yaoundé avec sa mère enceinte et sa « rage de gosse ». L'arrachement à sa terre natale a créé une identité boiteuse. D'autant qu'il n'a plus de contact avec son père, resté là-bas. Ce manque de figure fondatrice pousse le narrateur à choisir un autre référent héroïque. Il s'agit d'un oncle inconnu, mystérieusement disparu. Son nom est un condensé d'Afrique et d'Amérique : Etienne Jonh Wayne Marie Pierre. Est-ce sa voix qui résonne dans le monologue douloureux ouvrant ce roman ?

Nathan rejoint la Nouvelle Orléans pour retrouver des traces de son passé. « Moi, Camerounais de France, j'étais devenu un bonhomme sans peuple, amputé de sa force vitale. » Il espère renouer avec celle-ci en entreprenant ce voyage initiatique. Mais l'Amérique ne répond pas à ses attentes. Plusieurs personnages étonnants lui font entrevoir les démons d'hier et d'aujourd'hui. « L'Amérique n'est pas un pays neuf, mais un vieux monde qui n'a jamais été lavé. » Fabienne Kanor la transforme en terre, à la Faulkner, sur laquelle soufflent les braises de l'esclavagisme, de la haine et de l'amour.

Fabienne Kanor
Louisiane
Rivages
Tirage: 3 000 ex.
Prix: 18 euros ; 208 p.
ISBN: 9782743649593
17.01 2020

Livre cité

Auteur cité

Commentaires (0)

Espace réservé aux abonnés

Livres Hebdo a besoin de votre voix. Nous apprécions vos commentaires sur le sujet, vos critiques et votre expertise. Les commentaires sont modérés pour la courtoisie.

Connectez-vous Pas encore abonné ? Abonnez-vous

On vous
RECOMMANDE

Les dernières
actualités