L'Ile de France souhaite que l'Education nationale finance les nouveaux manuels du lycée

L'Ile de France souhaite que l'Education nationale finance les nouveaux manuels du lycée

Toujours inquiets de la querelle à propos du financement des manuels de seconde, les éditeurs ont demandé à rencontrer le ministre de l'Education nationale, puis le premier ministre.

Par Hervé Hugueny ,
avec hh Créé le 15.04.2015 à 21h52

« La contribution de l'Etat à la gratuité pour cette rentrée 2010 (...) est indispensable » écrivent Jean-Paul Huchon et Henriette Zoughebi, président et vice-présidente en charge des lycées du conseil régional d'Ile-de-France, dans un courrier adressé le 15 juillet à Luc Chatel, ministre de l'Education national.

La mise en oeuvre de la réforme du lycée à la rentrée prochaine suppose le remplacement de la quasi totalité des manuels de seconde, ce qui représente une dépense de 20 millions d'euros selon les représentants de la région, non prévue au budget en raison de l'annonce tardive de cette réforme, regrettent-ils. « Ce n'est que le 31 mars 2010 que la région a été informée du remplacement complet des ouvrages, conséquences de votre choix de faire exception aux règles de l'article D 311-5 du code de l'éducation qui prescrit de respecter un délai de douze mois entre la publication des programmes et la date de leur entrée en vigueur » repprochent-ils au ministre. La réforme est toutefois en discussion depuis deux ans.

Jean-Paul Huchon et Henriette Zoughebi ajoutent qu'une rencontre sur le sujet avec le ministre avant la rentrée leur « semble incontournable ».


Demande d'une clarification urgente de la question du financement des manuels scolaires

C'est également le souhait émis fin juin par Sylvie Marcé, présidente du groupe des éditeurs scolaires du Syndicat national de l'édition (SNE), auprès de Luc Chatel, puis de François Fillon, Premier ministre, dans une lettre datée du 13 juillet. « Dans un grand nombre d'académies, les projets d'équipements en manuels conformes (attestée par des remontées de terrain nombreuses et concordantes) sont bloqués. Les déclarations contradictoires des pouvoirs publics (Etat et collectivités territoriales) et de différents acteurs de terrain, sur le financement des manuels scolaires désorientent les élèves, leurs familles et leurs enseignants, désorganisent la prochaine rentrée et risquent de remettre en cause l'application même de la réforme » s'inquiète la présidente des éditeurs scolaires.

Sylvie Marcé, par ailleurs P-DG de Belin, appelle aussi à une clarification urgente de la question du financement des manuels scolaires, et à « la mise en place d'un dialogue institutionnel entre l'Etat et les collectivités territoriales en matière d'éducation ».

Pour le moment, le gouvernement reste sur la position affichée mi-juin, rappelant que le financement instauré par les régions n'a rien d'obligatoire, et que l'Etat apporte déjà son soutien aux familles via l'allocation de rentrée scolaire.

L'Association des régions de France (ARF) a aussi évoqué la possibilité d'étaler les achats sur deux ans. « Cette hypothèse n'a pas de sens pédagogique, ni économique, car le même problème se reposera l'an prochain avec les manuels de première » nous déclare Sylvie Marcé.

En fonction des modes de financement (dotation aux établissements, ou aux familles) et des choix des conseils régionaux, la situation apparaît très variable. L'Aquitaine, la Bretagne, le Languedoc-Roussillon, ont décidé d'une dotation supplémentaire. « Il y aura des risques d'inégalités territoriales » pointe la présidente des éditeurs scolaires.

L'Aquitaine s'est préoccupée des lycéens entrant en première qui ne pourront revendre leurs livres d'occasion, et versera 50 euros supplémentaires aux familles, mais sous condition de ressources.

15.04 2015

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