L’Union européenne (UE) va renouveler son soutien pluriannuel à la traduction littéraire, dans un programme-cadre pour les années 2014-2020. Le principe en est décidé, mais le budget sera formellement voté d’ici à la fin de l’année, a expliqué Alessandro Senesi, chef d’unité à la Direction générale de la culture de la Commission européenne, lors d’une présentation à la Foire de Francfort. Outre l’aide à la traduction, ce nouveau programme devrait être étendu au soutien de la promotion des œuvres. Concrètement, il s’agira de financer les déplacements des auteurs dans les salons, foires du livre, dédicaces, ou tout événement susceptible d’assurer la visibilité des livres traduits.
Tous les éditeurs des pays membres peuvent soumettre un dossier, à envoyer à l’Agence exécutive pour l’éducation, l’audiovisuel et la culture (EACEA). La Commission prévoit de soutenir environ 5 500 traductions sur six ans. Le programme peut bénéficier aux éditeurs achetant des droits, via la prise en charge des frais de traduction (2 000 à 60 000 euros par dossier dans l’ancien programme) mais également aux cessions, dans la mesure où le budget des acheteurs se trouve en partie libéré de ces frais. L’an dernier, deux éditeurs français (Allia et Zulma) l’ont utilisé pour publier une traduction, et 64 titres français ont été traduits dans ce cadre. La date limite de dépôt des dossiers pour 2014 est fixée à fin février, et la sélection annoncée en été. Les éditeurs ont ensuite de dix-huit mois à deux ans pour réaliser leur projet, pour lequel ils peuvent recevoir une avance. Même s’il bénéficie d’une hausse, ce programme de traduction restera de toute façon modeste dans l’ensemble du soutien à la création culturelle, lui-même très limité dans le budget de l’Europe. L’an dernier, moins de 3 millions d’euros ont été consommés.
Ce programme « Europe créative » reconduit par ailleurs le prix littéraire de l’Union et prévoit un fonds de garantie, une nouveauté dans ce budget. Il facilitera les emprunts des PME auprès des banques, réticentes à financer des projets culturels en raison des incertitudes entourant l’économie du secteur. Ce fonds pourrait atteindre une centaine de millions d’euros, générant une capacité de prêt cinq fois supérieure.
Hervé Hugueny