Glissement progressif du réel. Pour Scipione, c'est un grand jour. Celui où il doit se rendre à la soutenance de son diplôme de doctorat de philosophie dans son université romaine. Ses parents, qui se sont saignés aux quatre veines pour le soutenir durant ses études, l'attendent pour une fête familiale qui sera empreinte de fierté. Seulement voilà, sortant de chez lui habillé comme un prince mendiant, chevauchant son antique scooter, Scipione va faire une rencontre qu'il n'osait plus espérer. C'est sa jeune voisine, Cecilia, dont il est secrètement amoureux. Les voici partis tous deux pour un périple onirique, tragique, enchanté, qui les amènera bien loin de leur destination première, l'université... Le temps de cette journée romaine qui se dilate pour le seul bénéfice de ces doux oiseaux de jeunesse, ils croiseront en route un boucher et usurier, un prêtre, un parc d'attractions désaffecté, la mer... La vie est un rêve, l'amour un songe. Cet univers où l'onirisme le plus débridé côtoie le réel et se mélange avec les signes les plus tangibles du quotidien, c'est celui du romancier romain Marco Lodoli, depuis son chef-d'œuvre inaugural, Chronique d'un siècle qui s'enfuit (P.O.L, 1987). Le lecteur aura plaisir à se laisser prendre par la main tout au long de cette fable quelque part entre Rohmer et Pasolini. On lit, on rêve, les yeux ouverts. Et que reste-t-il au réveil lorsque les songes se dissipent ? La poésie, pardi.
Seul un jour
P.O.L
Traduit de l’italien par Louise Boudonnat
Tirage: 4 000 ex.
Prix: 18 € ; 144 p.
ISBN: 9782818066225
