Hommage

Maurice Genevoix, écrivain-combattant, au Panthéon

Maurice Genevoix - Photo DR/ARCHIVES LIVRES HEBDO

Maurice Genevoix, écrivain-combattant, au Panthéon

Le romancier et ancien lieutenant Maurice Genevoix entre au Panthéon mercredi 11 novembre, jour célébrant l'Armistice de la Grande guerre dont il fut un témoin marquant.

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Par Alexiane Guchereau,
avec AFP,
Créé le 10.11.2020 à 18h41,
Mis à jour le 10.11.2020 à 19h26

Le romancier Maurice Genevoix (1890-1980) va entrer au Panthéon mercredi 11 novembre soit 102 ans après l'Armistice, le 11 novembre, qui sera commémorée cette année en plein confinement. Le président s'était engagé durant son "itinérance mémorielle" de 2018 à faire inhumer l'homme de lettres dans la nécropole laïque des "grands hommes" de la République. La cérémonie sera plus intime qu'habituellement puisque le cortège funéraire ne sera pas accompagné du public.

La vocation littéraire de Maurice Genevoix est née dans les tranchées de la Première guerre mondiale. En août 1914, dans le cadre d'une mobilisation générale, Maurice Genevoix, alors étudiant à l'ENS, est incorporé comme sous-lieutenant au 106e régiment d'infanterie, et participe à la bataille de la Marne puis à la marche sur Verdun en 1916. Dans son désir ardent de raconter la guerre, il a immortalisé la mémoire des Poilus dans son récit Ceux de 14 (1949, Flammarion). Composé de cinq récits, ce témoignage qui raconte les combat dans lesquels il a frôlé la mort (il fut transpercé par trois balles et perdit l'usage de la main gauche), est considéré comme l'une des œuvres les plus authentiques sur la violence et le sacrifice, la folie et la cruauté, la guerre dans son horreur et l'amitié dans ses malheurs. "On dit que nous faisons la guerre : et c'est vrai que nous l'avons faite. Cela n'a pas duré longtemps. Presque tout de suite, c'est elle qui nous a pris, et conduits nous ne savons vers où."

Son recueil de Correspondance: 28 août 1914 au 29 avril 1915 (La Table ronde) rassemble les lettres envoyées par M. Genevoix à Paul Dupuy, secrétaire général de l'Ecole nationale supérieure, depuis le front. De son expérience au front, Maurice Genevoix publiera aussi La mort de près (La Table ronde).

Prix Goncourt pour son roman Raboliot (1925, que vient de rééditer Grasset) et secrétaire perpétuel de l'Académie française de 1958 à 1973 (démissionnaire), Maurice Genevoix a été un "membre assidu de la Commission du dictionnaire de la langue française".

Il écrit des dizaines d'hymnes aux habitants de la Sologne, aux bêtes de la forêt, aux eaux du fleuve et des étangs:  La boîte à pêche (1926), Rroû (1931),  La forêt perdue (1968). Il est publié chez Plon, au Seuil ou encore chez Julliard. Auteur d'une série de bestiaires de 1968 à 1971, le flâneur de la Loire, qui s'est installé entre-temps dans le hameau de la Vernelle, s'est révélé un excellent écrivain animalier. Au fil de ses récits de guerres, livres régionalistes, livres de voyages et romans, il tisse un lien de douleur entre l'enfance, la mort, la nature et la mémoire.

Maurice Genevoix rejoint au Panthéon les écrivains Alexandre Dumas, Victor Hugo, André Malraux, Emile Zola, Jean-Jacques Rousseau et Voltaire.





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