Objectif 19 octobre | Livres Hebdo

Par Isabel Contreras, le 23.01.2017 (mis à jour le 27.01.2017 à 14h03) Astérix

Objectif 19 octobre

Extrait de la planche spécialement réalisée pour la promotion du 37e album d'Astérix et en version intégrale dans Livres Hebdo n° 1113 - Photo ALBERT-RENÉ

A neuf mois de la parution du 37e album de la série best-seller de l’édition française, avec pour la troisième fois aux manettes le duo d’auteurs Ferri-Conrad, Hachette et sa filiale Albert-René en dévoilent quelques éléments en exclusivité à Livres Hebdo.

Ils sont "une petite dizaine" à l’avoir lu. Si les dernières modifications sont en cours, la mécanique Astérix est déjà en route. La sortie mondiale du 37e album de la série créée en 1959 par René Goscinny et Albert Uderzo est programmée pour le jeudi 19 octobre chez Albert-René (Hachette Livre), un an jour pour jour après la réédition de l’album Les 12 travaux d’Astérix (30 851 exemplaires vendus en 2016 selon GFK), et surtout deux ans après Le papyrus de César (1,6 million de ventes en 2015).

"Tout repose sur des relations de confiance tissées pendant des années avec les mêmes personnes." Isabelle Magnac,Hachette illustré - Photo OLIVIER DION

Règles du jeu

Le titre de l’album est encore maintenu secret, "mais on peut toutefois dévoiler qu’il s’agira bien d’un voyage à l’étranger", révèle le scénariste Jean-Yves Ferri qui cosigne avec le dessinateur Didier Conrad son troisième Astérix depuis 2013, où ce nouveau duo d’auteurs a pris la suite d’Albert Uderzo avec Astérix chez les Pictes. Les deux irréductibles Gaulois feront des découvertes gastronomiques, visiteront des monuments historiques… Le tout en résonance avec le monde contemporain, comme dans le 36e album où l’action tournait autour du traitement de l’information. "C’est important que l’histoire ne soit pas ringarde", souligne Jean-Yves Ferri. Ce dernier a conçu le scénario sous la supervision de la directrice générale de la branche Hachette Illustré d’Hachette Livre, Isabelle Magnac, du directeur général de la filiale Albert-René, dédiée à la série best-seller de l’édition française, Céleste Surugue, mais aussi d’Albert Uderzo et de la fille de René Goscinny, Anne Goscinny. Ces quatre regards rendent la pression bien réelle, étant donné les enjeux colossaux qui accompagnent la sortie de chaque nouvel album. Jean-Yves Ferri accepte pourtant les "règles du jeu" même si "c’est difficile de garder un secret comme celui-ci pendant si longtemps", déplore-t-il.

Au cours de cette année de création, il s’est référé à l’avis de son éditeur et "lecteur extérieur", Céleste Surugue, qui l’a aiguillé sur le choix de l’histoire. "Si parfois je peux me dire qu’il me pompe l’air, [il] me permet aussi d’aller plus loin", concède-t-il. Le résultat ? Une planche (ci-contre), conçue à l’intention de Livres Hebdo et du Parisien-Aujourd’hui en France dans le cadre de la promotion du 37e album, avance quelques indices. Le livreur de menhirs ne prendrait-il pas cette fois une place particulière ? "Il ne s’agit pas de faire d’Obélix un super-héros, mais c’est bien normal qu’il s’émancipe un peu", glisse le scénariste. En attendant l’avis des lecteurs "désintéressés", les auteurs peuvent déjà compter avec la bénédiction d’Albert Uderzo, 90 ans en avril, qui s’est dit très satisfait de ce nouvel épisode.

 

Planche communiquée à Livres Hebdo et au Parisien-Aujourd’hui en France dans le cadre de la promotion du 37e album.

Imprimé dès l’été

"Jusqu’à la fin du premier semestre nous restons sur un processus de création", indique Isabelle Magnac. Le scénariste Jean-Yves Ferri modifie encore quelques "quarts de mots" pendant que son acolyte, Didier Conrad, se penche sur le crayonné et les encrages. Hachette égrènera avant l’été d’autres détails sur le contenu de l’album. Plusieurs prises de parole des auteurs sont prévues dans le courant du printemps. Dévoiler quelques détails sans "déflorer" l’histoire pour "ménager la surprise au lecteur" et, surtout, pour faire monter l’impatience, c’est la stratégie de communication du groupe, sa potion magique pour renouveler un exploit commercial. Une opération "dire sans dire" difficile à mener pour Jean-Yves Ferri : "Lors des prises de parole, on déçoit la plupart des gens parce qu’on ne peut pas répondre à leurs questions."

Les lecteurs ne se découragent pourtant pas. En 2015, dernière année de publication d’un album de la série, le chiffre d’affaires d’Albert-René a atteint 13,7 millions d’euros pour un bénéfice net de 5,1 millions, contre un chiffre d’affaires de 1,9 million d’euros et un bénéfice net de 1,3 million l’année précédente, sans nouveauté. La poursuite des Aventures d’Astérix et le patrimoine laissé par ses deux créateurs génèrent pour Hachette Livre un résultat net très positif.

Relations de confiance

Le 31 mai, l’éditeur va aussi faire paraître une réédition du classique Astérix chez les Belges. Dans un autre style, quelques semaines plus tard, les deux Gaulois figureront sur les différents supports de promotion du Mondial 2017 de hockey sur glace, dont ils sont les mascottes. Mais la sortie du 37e album restera toujours en toile de fond. A partir de cet été, "on lancera les impressions", explique Céleste Surugue. Opération délicate qui met en évidence le succès d’Albert-René, une petite maison d’édition "au mode de fonctionnement artisanal", où une équipe d’une dizaine de personnes chapeaute un tirage à sept chiffres dans plus de 30 pays. Selon la directrice générale d’Hachette Illustré, Isabelle Magnac, "tout repose sur des relations de confiance tissées pendant des années avec les mêmes personnes". Ces "relations de confiance" sont surtout mises à l’épreuve lorsque l’album part en impression, les modifications n’étant plus possibles. Extérieur à ce climat d’excitation, et empli de "bien-être", le duo Ferri-Conrad partira alors, lui, en vacances.

A la rentrée, une intégrale de Benjamin et Benjamine, une bande dessinée de Goscinny et Uderzo qui n’a jamais été publiée, arrivera en librairie. Puis la vie et l’œuvre de René Goscinny seront mis à l’honneur à l’occasion du 40e anniversaire de sa disparition le 5 novembre 1977. Un premier hommage lui aura été rendu à Angoulême dès le 25 janvier, avec l’inauguration d’un monument en forme d’obélisque sur le parvis de la gare. Deux rétrospectives lui seront également consacrées à Paris, au musée d’Art et d’Histoire du judaïsme et à la Cinémathèque française. Le patrimoine laissé par le grand scénariste nourrira encore et pour longtemps cette magie qui opère depuis maintenant plus de cinquante ans.

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